Syrie : Amnesty International dénonce des tortures et des exécutions

par jeudi 23 août 2012 00:38, mis à jour le jeudi 23 août 2012 à 13h35
Goran Tomasevic Reuters

L'organisation a publié mercredi les conclusions d'une enquête effectuée pendant dix jours dans la ville d'Alep bombardée. C'est le tout premier rapport réalisé au cœur des combats syriens par une organisation de défense des droits de l'Homme : les conclusions sont accablantes pour le gouvernement de Bachar el-Assad.

Des hôpitaux et des marchés visés par les bombes ou des
files d'attente devant les épiceries, sous des pluies d'obus envoyées par l'armée
du gouvernement syrien : le rapport rendu public mercredi par Amnesty
International dresse un constat des plus noirs. Les civils, et en particulier
les enfants, s'avèrent être les premières victimes de cette guerre menée depuis
plus d'un mois dans Alep, la deuxième ville du pays.

Aucune protection civile

Selon l'auteur du rapport Donatella Rovera, "la population civile n'a aucun moyen de se protéger".

Le rapport fournit également des preuves de tortures, d'exécutions sommaires, menées par les forces du gouvernement ou par ses milices, mais aussi
par les insurgés : une douzaine de groupes selon Amnesty International,
tous rassemblés sous la bannière de l'Armée Syrienne Libre.

"Dans les quartiers
entièrement sous contrôle des autorités gouvernementales, tous les deux jours, les résidants se réveillent et trouvent des corps abandonnés. Il y a eu
une augmentation des exécutions sommaires"
, ajoute Antonnela Rovera.

En dix jours, la rédactrice du rapport a comptabilisé plus d'une
trentaine de bombardements par l'armée de Bachar el-Assad sur des zones
habitées : abris de fortune, mosquées, et même des écoles. Pour cette dernière, "le risque le plus grand pour la population civile ce sont les bombardements aériens et les frappes d'artilleries réguliers", les forces syriennes utilisant des armes "non précises".

Toutes ces informations relevées à Alep, dates, noms,
témoignages sur l'exécution de familles entières, devraient être versées au
dossier de la Commission de droits de l'Homme de l'ONU.