Otage français exécuté : le choc, l'horreur et la colère

REACTIONS par Matthieu Mondoloni mercredi 24 septembre 2014 19:35
Soutien à Gourdel
Manifestation de soutien à Hervé Gourdel dans son village Saint-Martin-Vésubie le 23 septembre. © Maxppp

"Horreur", "atroce", "insoutenable"... Les mots ne manquent pas pour condamner l'assassinat de l'otage français Hervé Gourdel, et les réactions sont nombreuses ce mercredi.

"Pour tout ceux qui le connaissent, c'est juste épouvantable... Des otages il y en a eu, il y en aura encore, mais quand ça vous arrive de près, c'est inqualifiable..." Les mots sont ceux de Laurent Gény, ami depuis 30 ans avec Hervé Gourdel, l'otage français assassiné ce mercredi par le groupe islamiste des Soldats du califat.

"Ces salauds l'ont buté" (Laurent Gény, ami d'Hervé Gourdel)

La voix tremblante, Laurent Gény est choqué, en colère aussi quand ils parlent de ceux qui ont pris la vie de son ami, de "ces salauds qui l'ont buté". Une émotion et une colère partagées par beaucoup après l'annonce de l'exécution du guide de haute montagne. Sur Facebook, où plusieurs pages de soutien à Hervé Gourdel s'étaient créées depuis son enlèvement dimanche en Algérie, deux phrases résument l'horreur : "Ils l'ont tué... Ces ordures islamistes l'ont tué...".

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes ont réagi, la plupart souhaitant rendre hommage au Français de 55 ans. Depuis New York, où il est en déplacement, le président de la République François Hollande a fait part de son émotion.

En France, Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes et député de la première circonscription de Nice, a lui aussi témoigné de sa tristesse. Il connaissait personnellement Hervé Gourdel, qui était originaire de cette région.

"Je suis abasourdi par cette barbarie, par cette exécution qui frappe quelqu'un qui embrassait la vie (...) et qui est fauché par cette résurgence d'une barbarie", s'est ému Eric Ciotti sur France Info.

"Il faut se préparer à des moments difficiles, et faire preuve d'une détermination sans faille contre ces terroristes" (Eric Ciotti)

"Je suis abattu, effondré, mais avant tout j'ai une pensée très forte pour sa famille, pour son père âgé, pour son jeune fils Nicolas (...) pour son épouse. Ce soir il y a une grande émotion à Saint-Martin, on est sous le choc", a déclaré de son côté Henri Giuge, le maire de Saint-Martin-Vésubie, village d'Hervé Gourdel.

"Je suis abattu, effondré, on est sous le choc" (Henri Giuge)

La municipalité de Nice a également réagi sur Twitter, indiquant que les drapeaux de la ville avaient été "mis en berne face aux horreurs qui viennent de se dérouler".

De nombreux hommes politiques ont témoigné de leur tristesse ou de leur colère, et surtout de leur volonté de lutter davantage encore contre les islamistes de l'organisation Etat islamique et de ceux qui s'en réclament. Tous ont tenu à rendre hommage au Français.

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Colère et indignation également d'Abdhallah Zekri, membre exécutif du Conseil français du culte musulman. Il dénonce "la lâcheté des djihadistes". "C'est une révolte que j'ai, un dégoût, une colère, une rage contre des criminels qui n'ont rien à voir avec les musulmans. Il faut les éradiquer", a-t-il expliqué.

"Ce sont des terroristes qu'il faut éradiquer" (Abdhallah Zekri)

Mais ce sont surtout les témoignages d'anonymes qui ont envahi les réseaux sociaux avec le mot-dièse #Gourdel. L'un des plus vus est aussi l'un des plus poétiques. Un simple dessin et une phrase lancée comme un défi aux terroristes : "On ne décapite pas l'esprit d'un montagnard".