"Les Kurdes n’intéressent personne" (un médecin français en Syrie)

TEMOIGNAGE par Rédaction de France Info samedi 27 septembre 2014 21:15, mis à jour le dimanche 28 septembre 2014 à 07h45
Une femme kurde attend à la frontière turco-syrienne
Une femme kurde attend à la frontière turco-syrienne © Reuters-Murad Sezer

Jacques Bérès, chirurgien français, est en ce moment en mission humanitaire en Syrie, dans les environs de Kobané, à quelques kilomètres du groupe de l’Etat islamique. Il a décidé de poursuivre son travail malgré la menace terroriste.

"Moi je fais mon boulot, je suis là pour soigner des gens, Daech c’est l’affaire des militaires". Le chirurgien Jacques Bérès en mission au nord de la Syrie, joint par France Info, sait que "tout le monde" pense qu’il est "inconscient". Mais il a décidé d’apporter ses compétences. Il opère depuis une semaine dans les environs de Kobané à la frontière turco-syrienne. Alors que le groupe de l’Etat islamique n'est qu'à quelques kilomètres de la ville où il se trouve, il continue à soigner les blessés. Il était déjà dans cette zone quand Hervé Gourdel a été décapité en Algérie au nom de l'Etat islamique.
 
Il raconte que pour l’instant la situation est plutôt calme, mais "ça risque de reprendre à chaque minute", analyse le co-fondateur de Médecins sans frontière et de Médecins du Monde, deux ONG qu’il a aujourd’hui quitté.
 

"Les filles sont très présentes à tous les niveaux : aux checkpoints, autour de l’hôpital, sur le front" (Jacques Bérès)

 
En quelques jours, le chirurgien a vu l’isolement dans lequel sont enfermés les Kurdes qu’ils soignent, à quelques mètres de la frontière turque. "Depuis l’offensive de l’Etat islamique il y a un mois, les Turcs ont jugé nécessaire de construire un mur de quatre mètres de haut, pour empêcher les gens de s’enfuir et qu’ils soient bien pris comme dans un étau entre Daech et la frontière". Le chirurgien a également remarqué que les blessés qu'il reçoit sont des hommes et des femmes. "Les filles sont très présentes à tous les niveaux : aux checkpoints, autour de l’hôpital, sur le front".
 

"Ça coûte du fric de faire des missions comme ça et ça n’intéresse personne les Kurdes malheureusement" (Jacques Bérès)

Jacques Bérès, chirurgien français en ce moment en Syrie, opère les blessés kurdes malgré la menace. Il répond à Sophie Delpont