Le pangolin, étrange fourmilier à écailles, est en cours d'extinction

par Yann Bertrand mardi 29 juillet 2014 16:31
Le pangolin est depuis plusieurs années en voie d'extinction © Reuters

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ont alerté lundi sur la menace qui pèse sur le pangolin, vivant en Afrique et en Asie du sud-est. Victime de braconnage, cet étrange animal à écailles est très apprécié à la consommation, surtout par les Asiatiques, pour de supposées vertus médicinales.

Le pangolin n'est pas l'espèce la plus connue du monde animal. Son allure étrange, une sorte d'artichaut recouvert d'écailles avec une longue trompe semblable à celle d'un fourmilier, peut même prêter à sourire. Et pourtant, son sort est tout sauf enviable : la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a publié un communiqué alarmant ce lundi. Menacé depuis de nombreuses années, il est désormais en cours d'extinction.

Selon le Pr. Jonathan Baillie, co-président du groupe spécialisé sur les pangolins, et directeur des programmes de conservations à la Société de zoologie de Londres, "toutes les huit espèces de pangolins sont à présent menacées d'extinction, en raison notamment de leur commerce illégal en Chine et au Vietnam". Les pangolins vivent principalement dans certaines zones d'Afrique et en Asie du sud-est.

Victimes de commerce illégal intensif

Pas de chance pour le pangolin, il fait partie des espèces qui font l'objet du plus gros commerce illégal à travers le monde. Des centaines de milliers de spécimens ont été interceptés ces dix dernières années dans les aéroports, notamment à Roissy-Charles-de-Gaulle, victimes de braconnage intensif. 

Malgré l'interdiction de son commerce depuis 2000, le problème originel du pangolin réside dans l'appétence des Asiatiques pour sa chair, qui se cache derrière ses écailles - le pangolin est le seul mammifère au monde avec des écailles. La viande de pangolin est un mets de qualité dans certains pays d'Asie - comme la tortue ou le requin, autres espèces menacées -, sans compter les vertus médicinales qui lui sont prêtées. Sa survie réside désormais en partie dans l'action d'un programme pour la conservation de l'espèce, lancé mardi sous l'égide du groupe spécialisé sur les pangolins.

En son temps, c'est-à-dire en 1986 dans sa Chronique de la Haine ordinaire sur France Inter, Pierre Desproges avait tenu à rendre hommage au pangolin, après avoir éreinté le mammifère dans son Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis (il disait notamment : "Le pangolin ressemble à un artichaut à l'envers avec des pattes, prolongé d'une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu'en effet, le ridicule ne tue plus").

Le mardi 29 juillet 2014