Le lien entre Zika et la microcéphalie du fœtus établi scientifiquement

par Rédaction de France Info vendredi 4 mars 2016 22:54
Le lien entre Zika et la microcéphalie du foetus établi scientifiquement
Le lien entre Zika et la microcéphalie du foetus établi scientifiquement © MaxPPP

Le virus Zika attaque et détruit des cellules cérébrales humaines en développement. Démonstration de chercheurs en laboratoire, établissant la première preuve scientifique d'un lien entre ce virus et la microcéphalie du fœtus.

La relation de cause à effet n'avait jusque-là pas été prouvée scientifiquement. Le virus était fortement soupçonné d'être à l'origine de nombreux cas de microcéphalie, observés en particulier au Brésil.
 
Cette malformation, grave et irréversible, se caractérise par une taille anormalement faible du crâne et du cerveau des nouveau-nés. 
 
L'Organisation mondiale de la santé s'attend à une propagation "explosive" des cas de Zika dans les Amériques, avec 3 à 4 millions de contaminations cette année.
 
Pays le plus touché par l'épidémie, le Brésil compte déjà plus d'un million et demi de cas de Zika depuis 2015, et 583 cas de microcéphalie y ont été confirmés depuis octobre 2015, soit quatre fois plus que la moyenne annuelle historique.
 

Le virus infecte de façon sélective les cellules souches

Les chercheurs ont travaillé avec des cellules souches humaines cultivées in-vitro, et leur résultat a été publié dans la revue américaine Cell Stem Cell.  
 
Ils ont déterminé que le virus infecte de façon sélective les cellules souches qui forment le cortex cérébral, les empêchant de se diviser normalement pour former de nouvelles cellules, ce qui entraîne leur destruction.

Pour Frédéric Tangy, directeur de l’unité de recherche à l’institut Pasteur et directeur de recherches au CNRS, "c’est un début de compréhension du mécanisme".
 

"C’est le début de possibilités de recherches de traitement." (Frédéric Tangy, directeur de l’unité de recherche à l’institut Pasteur et directeur de recherches au CNRS)

 
De plus, les gènes qui normalement se mobilisent pour combattre des agents viraux envahisseurs n'ont pas fonctionné ce qui est très inhabituel, soulignent ces scientifiques. 
 
Le virus se transmet principalement par des moustiques mais de récents cas suggèrent également une transmission par voie sexuelle.