L'Italie, l'un des pays les plus corrompus d'Europe

par Mathilde Imberty mercredi 27 janvier 2016 16:45, mis à jour le mercredi 27 janvier 2016 à 17h16
La corruption a fait perdre à l\\\'Italie environ 16 milliards d\\\'euros entre 2006 et 2012 © FOTOLIA
La corruption a fait perdre à l'Italie environ 16 milliards d'euros entre 2006 et 2012 © FOTOLIA

Selon un rapport de l'ONG Transparency International paru mercredi, l'Italie est en tête des pays les plus corrompus d'Europe, juste derrière la Bulgarie. La France est à la 23e place.

Comme chaque année, l'ONG Transparency International publie mercredi son rapport sur la Corruption dans le monde. Plus précisément, l'indice de perception de la corruption. Les premiers de la classe sont le Danemark et la Finlande. La France, elle, occupe la 23e place. Mais cette année encore, l'un des pays qui est pointé du doigt, c'est l'Italie avec son avant-dernière place en Europe, juste devant la Bulgarie.

2.000 euros empochés pour un service quelconque

Mercredi, le président de l'antenne italienne de l'ONG a réagi : "Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, nous sommes un pays corrompu" a reconnu Virginio Carnevali. "La corruption naît des petites choses : de la nécessité de verser de l’argent pour obtenir un papier auquel on a droit" explique-t-il. "Et puis on arrive aux plus grandes corruptions : la fraude sur les appels d’offres". Virginio Carnevali qui cite l'exemple d'un conseiller communal de Rome qui a "empoché 2.000 euros de la part d'une entreprise pour un service quelconque".

Fuite des investisseurs étrangers

Selon Transparency International,  la corruption s’invite essentiellement là où l’administration est inefficace. Et là où le tissu mafieux est bien organisé. C’est le cas en Italie, comme l'explique encore Virginio Carnevali : "La corruption, par exemple l'achat de voix aux élections, c'est moins dangereux que de tuer pour la mafia, ça se voit moins".

L’Italie reste le pays le plus corrompu de l’Union Européenne. Ce qui la handicape d’abord elle. La Banque Mondiale estime que le pays a été privé d'environ 16 milliards d'euros entre 2006 et 2012 car certains investisseurs étrangers évitent le pays, craignant de trouver la Mafia sur leur route.