L'Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec l'Iran

par Rédaction de France Info dimanche 3 janvier 2016 21:31, mis à jour le lundi 4 janvier 2016 à 08h09
Manifestation d\\\'Iraniens devant l\\\'ambassade saoudienne à Téhéran, après l\\\'exécution de Nimr al-Nimr
Manifestation d'Iraniens devant l'ambassade saoudienne à Téhéran, après l'exécution de Nimr al-Nimr © Reuters

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a annoncé dimanche soir la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran. Samedi, l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran a été attaquée et en partie incendiée.

Tous les membres de la représentation iranienne en Arabie saoudite doivent quitter le territoire dans les 48 heures. C'est la consigne lancée par le ministère des Affaires étrangères saoudien, après l'annonce de la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran. Cette décision intervient après deux jours d'extrême tension entre les deux pays.

Regain de tension au Moyen-Orient : l'Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec l'Iran (Clarence Rodriguez)

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Le ministre saoudien a affirmé que "l'Arabie saoudite était déterminée à ne pas laisser l'Iran affaiblir sa sécurité nationale". Samedi soir, des manifestants iraniens ont en effet envahi l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran et l'ont en partie incendiée. D'autres s'en sont pris au consulat d'Arabie soudite à Machhad, la deuxième ville d'Iran. Ils protestaient contre l'exécution dans le royaume wahhabite de 47 condamnés. Le cheikh Nimr Baqer al-Nimr, haut dignitaire chiite et virulent critique du régime sunnite saoudien, faisait partie des exécutés.

Les Etats-Unis lancent un appel au calme 

Après la mise à mort du cheikh Nimr Baqer al-Nimr, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs pays à majorité chiite. En Iran, mais aussi au Liban et au Pakistan. Dimanche soir, la police saoudienne a essuyé des "tirs nourris" dans le village natal du cheikh, d'après l'agence officielle SPA. 

Les Etats-Unis, fidèles alliés du régime saoudien en Occident, ont réagit en plaidant pour un apaisement entre Ryad et Téhéran. "Nous pensons que l'engagement diplomatique et le dialogue direct demeurent essentiels pour travailler à résoudre les divergences et nous continuons d'appeler les dirigeants de la région à prendre des mesures actives pour apaiser les tensions", a déclaré un responsable de l'administration Obama. 

"On est dans la phase maximale des tensions entre l'Arabie Saoudite et l'Iran", explique Fatiha Dazi-Heni, spécialiste des monarchies du Golfe et chercheuse à l'Institut d'études politiques de Lille, au micro de Fabienne Sintes