L'Algérie, 50 ans d'indépendance... et de démocratie bridée

par Guillaume Gaven mercredi 4 juillet 2012 12:15, mis à jour le jeudi 5 juillet 2012 à 05h00
Maxppp

Un spectacle qui retrace l'histoire du pays, des feux d'artifice dans tout le pays - mais pas de parade militaire : l'Algérie célèbre le cinquantenaire de son indépendance. Mais tout n'est pas rose aujourd'hui : le pouvoir en place s'accroche, le pays ne doit sa richesse qu'aux hydrocarbures présents dans son sous-sol.

Les feux d'artifice, tirés hier soir dans tout le pays, ne feront pas oublier l'état dans lequel se trouve le pays, 50 ans après son accession à l'indépendance. L'Algérie est un pays jeune, où les moins de 35 ans représentent 70% de la population - et 20% de chômeurs ; où l'inflation atteint 6,4%.

Pourtant, l'Algérie est aussi un pays riche. Riche de son sous-sol rempli d'hydrocarbures : ses réserves sont estimées à 205 milliards de dollars. Le problème, c'est que le pays n'a que ça pour vivre... Les experts, comme Abderrahmane Mebtoul, expert en management stratégique, soulignent que l'Algérie "tire ses bénéfices à 98% d'exportations d'hydrocarbures, alors que 70 à 75% des besoins des ménages et des entreprises sont importés".

"Un désert où rien ne pousse" (un jeune habitant)

Et il poursuit : "les jeunes paient les frais de la mauvaise gestion des dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays". Car, depuis l'indépendance, l'histoire politique du pays n'est pas vraiment démocratique : le premier président, Ben Bella, père de l'indépendance, est renversé en 1965. Boumédiène lui succède jusqu'en 1978. Bendjedid est président de 1979 à 1992 - il doit démissionner après la victoire des islamistes. Boudiaf ne reste que quelques mois - il est assassiné. Zéroual, ensuite, s'installe pour quatre ans. Et depuis 1999, c'est Bouteflika qui est aux affaires.

Entretemps, le pays aura vécu une véritable guerre civile, entre forces de l'ordre et islamistes, qui a fait 200.000 morts.

Reste que l'Algérie a bien failli basculer dans un printemps arabe, à l'instar de ce qui s'est passé en Tunisie ou en Libye, ses deux grands voisins. Les réformes engagées par le président Bouteflika ont sans doute apaisé les esprits. Mais pour combien de temps ?