Galileo : une anomalie signalée après le lancement des satellites

par Cécile Mimaut samedi 23 août 2014 09:41, mis à jour le samedi 23 août 2014 à 09h45
Galileo
Vendredi, le lanceur russe Soyouz a mis les deux satellites en orbite, 3h48 après le décollage © Maxppp

Les deux satellites européens du programme Galiléo lancés avec succès vendredi de Kourou en Guyane n'ont pas atteint l'orbite prévue, a annoncé samedi la société Arianespace.

Près de quatre heures auront suffi à deux satellites du futur système Galileo pour se placer en orbite. Le lanceur russe Soyouz a décollé à 12h27  GMT en Guyane française et réussi à placer les engins 3h48 après le décollage. Problème, note la société Arianespace, il ne s’agirait pas de la bonne orbite.

 "Les observations complémentaires collectées après la séparation des satellites de la mission Soyuz VS09 pour Galileo FOC M1 mettent en évidence un écart entre l'orbite atteinte et celle prévue", indique un communiqué d'Arianespace, précisant que des "investigations étaient en cours".

 

"C’est connu, ça arrive. On a eu des problèmes similaires dans le passé. Dans tous les cas, ça n’alterne pas la fonction de navigation (...). Selon les cas, on pourra corriger [cela] rapidement" explique au micro de France Info Jean-François Clervoy, spationaute à l'Agence spatiale européenne. "C’est soit un défaut de capteur de navigation du lanceur, soit un défaut de propulsion du lanceur”.
 

"Dans tous les cas, ça n'alterne pas la fonction de navigation" - Jean-François Clervoy

Le programme Galileo est un projet prometteur pour les européens, qui souhaitent envoyer une trentaine d’autres satellites opérationnels d’ici cinq ans. A terme, cette véritable constellation devrait créer le premier système GPS européen.

Plusieurs types d'applications

Galileo, placé sous contrôle civil, proposera d'ici 2020 des services gratuits, avec des applications dans le domaine des transports automobile, aérien ou maritime, ou de la téléphonie mobile. Le service commercial et le service public réglementé proposeront également des prestations cryptées, pour des professionnels avides d’un service plus poussé, mais aussi pour les administrations ou secteurs sensibles comme les télécommunications ou l’energie.

"À l'avenir quand vous serez guidé dans votre voiture, vous le serez à partir d'un service européen, c'est un choix stratégique", a déclaré Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, à l’issue de la mission. Pour le moment, seuls des satellites américains sont utilisés pour communiquer de telles données.

Etre maitre de son destin

Il est important d’être maître de son destin, l’Europe est un grand continent (..) les américains sont évidemment des alliés, des partenaires, mais ils peuvent tourner le système off, comme on dit, à tout moment. (...) Au delà de la souveraineté, il y a tous les emplois que cela génère, et puis il y a aussi un service qui s’améliore” explique Stéphane Israël.

Le projet a eu du mal à voir le jour, de part le manque de cohésion entre les Etats membres de l’Union européenne, divisés sur leur position face au concurrent GPS. Les Britanniques ne voyaient notamment pas de raison de développer un concurrent au GPS américain.

La constellation Galileo, dont le programme est financé à hauteur de 5,5 milliards d'euros par la Commission européenne, se déploiera progressivement, avec six à huit engins lancés chaque année par les fusées Soyouz et Ariane 5. Quatre satellites "tests" avaient déjà été mis en orbite en 2011 et 2012, deux autres doivent être lancés depuis la Guyane fin 2014. Ce type d’opération est délicat et risqué, les fusées pouvant parfois décoller et exploser en plein vol, comme ce fut le cas récemment lors du lancement de la fusée de SpaceX, au Texas.