Une descendante d'esclave porte plainte contre l'Etat français

par Richard Place mardi 8 janvier 2013 07:17
Stephane Mahe Reuters

Rosita Destival, une Française d'origine guadeloupéenne, descendante d'esclave, assigne ce mardi l'Etat pour crime contre l'humanité. Elle est soutenue par le Conseil représentatif des associations noires de France qui estime que le gouvernement n'a pas tenu les promesses faites en matière de réparations.

En retraçant le parcours de ses ancêtres, Rosita Destival a trouvé l'acte
d'affranchissement de l'un d'entre eux. Elle peut donc prouver qu'il était esclave
jusqu'en 1834.

Depuis la loi Taubira adoptée en mai 2001, l'esclavage a été reconnu
comme crime contre l'humanité. C'est donc pour crime contre l'humanité que Rosita Destival va assigner l'Etat français.

Une descendante d'esclave porte plainte contre l'Etat français, explications de Richard Place  
 

Si le CRAN a décidé de se joindre cette action civile, et s'il menace le gouvernement d'une "pluie de procès", c'est parce qu'il estime qu'il n'y a pas eu d'avancée sur la question des "réparations" depuis des réunions en mai et en octobre à Matignon.

Et ce n'est pas qu'un débat du passé. Aux Etats-Unis des entreprises ont dû mettre en place des programmes de réparations.

L'appel pour un débat national sur les réparations liées à l'esclavage" publié par Le Monde cite plusieurs exemples comme celui de la banque JP Morgan Chase qui en 2005  "a été contrainte par la loi  de
reconnaître que son capital initial s'était
constitué en partie sur la base de l'esclavage. L''entreprise s'est
engagée dans un processus de
réparation en accordant 5 millions de dollars de bourses d'études pour
les jeunes des ghettos noirs de Chicago".

Et il pose toute une série de questions:

"Où sont passés les flux financiers générés par la traite négrière ? Si
tout n'est pas réparable, que peut-on réparer cependant ? Comment, et
dans quelles conditions ? Comment a-t-on fait à l'étranger ?"

Le Conseil
représentatif des associations noires de France souhaite que l'argent gagné grâce à l'esclavage soit utilisé pour contruire un musée rappelant ces heures sombres.

Le reportage de Richard Place