Un père condamné à 500 euros d'amende pour une fessée

par Cécile Mimaut mardi 15 octobre 2013 06:30, mis à jour le mardi 15 octobre 2013 à 17h32
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Le tribunal correctionnel de Limoges a condamné la semaine dernière un père à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir administré une fessée déculottée à son fils. Il était poursuivi "pour violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité".

Le tribunal correctionnel de Limoges a condamné un père pour une fessée qu'il a donné à son fils de 9 ans. Une  correction administrée sur des fesses déculottées. Et c'est là où le bât blesse.

Citée par Le Populaire du Centre, qui a révélé l'affaire, la présidente du tribunal, Estelle Lamotte-Genet, a expliqué que "c'est une violence ! Doublé d'un acte humiliant pour l'enfant qui, à 9 ans, se retrouve les fesses à l'air pour se faire frapper". Le père, poursuivi pour "pour violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité", a précisé que son fils Daniel le boudait alors depuis plusieurs jours, refusant de lui adresser un mot, pas même un "bonjour".

"J'avais épuisé tous les recours"

Finalement, le père de 44 ans a été puni à son tour, condamné à 500 euros d'amende avec sursis. Il devra en outre verser 150 euros à la mère de l'enfant, dont il est séparé, au titre du préjudice moral.

"Cette fessée, je l'ai donnée dans un
contexte très particulier. J'avais épuisé
tous les recours, et, sur l'instant, il m'a semblé que c'était le 
dernier moyen de me faire
entendre
", a-t-il précisé. "J'ai jugé à ce moment-là que Daniel m'échappait", "Ce n'est pas un acte violent mais plutôt pour le récupérer, pour dire stop", s'est justifié le père.

Fessée déculottée à son fils : "Ce n'est pas un acte violent mais pour le récupérer" explique le père Lecture

 

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Pas de loi anti-fessée en France

Même si une proposition de loi visant à abolir les
châtiments corporels infligés aux enfants a été soumise à l'avis des députés en
2010, aucun texte n'interdit encore la fessée en France. Un vide juridique dénoncé par de nombreuses
associations de défense des droits de l'enfant. D'autant plus que 22 autres
pays européens, dont l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal ou encore la Suède ont
déjà légiféré en la matière.

Selon la Fondation pour
l'Enfance
, qui organise depuis 2011 des campagnes de
sensibilisation contre les violences éducatives, "plus de 50% des parents commencent à
frapper leur enfant avant l'âge de deux ans, persuadés par l'éducation qu'ils
ont reçue que cela leur est utile et profitable
". Selon le docteur Gilles Lazimi, médecin
généraliste et coordinateur de la campagne 2013, il s'agit de "montrer aux
parents que tout geste de violence physique envers un enfant peut avoir des
conséquences sur sa santé physique et psychologique
".

Le lundi 28 avril 2014

La Gifle - Fondation pour l'Enfance © FondationPourEnfance

En France, les violences (en général) faites aux
enfants sont punies par l'article 222-13 du code pénal relatif aux violences
aux personnes vulnérables et passibles de trois ans d'emprisonnement et
de 45.000 euros d'amende.