Le hacker Ulcan visé par une enquête des juges d'instruction parisiens

par Rédaction de France Info vendredi 3 octobre 2014 17:36, mis à jour le vendredi 3 octobre 2014 à 17h58
twitter ulcan
La capture d'écran du profil Twitter du "militant sioniste" Grégory Chelli, alias "Ulcan". Un profil devenu inaccessible le 12 août dernier après que le compte a été suspendu par Twitter

Le pirate informatique Ulcan est visé par une information judiciaire pour "violences volontaires avec préméditation" et "dénonciation de crimes et délits imaginaires", notamment. Grégory Chelli, de son vrai nom, avait notamment harcelé la famille d'un journaliste de Rue89. Le père de ce journaliste avait fait un infarctus après ce harcèlement. Il est décédé cette semaine. Et le hacker s'acharne.

Grégory Chelli, alias Ulcan, s'acharne sans remords. Il a même osé téléphoner au journaliste de Rue89 qui vient de perdre son père. Un coup de fil, au lendemain du décès. Un coup de fil odieux, dans lequel il présente d'un ton moqueur sa "condescendance", puis "ses condoléances" à Benoît Le Corre après l'avoir harcelé, lui et sa famille, de manière ignoble.

Le harcèlement a débuté fin juillet, après un article de ce journaliste de Rue89. L'article publié a déplu à Ulcan. Juste après, le hacker a fait croire aux parents du journaliste que leur fils était mort. Puis, il fait croire aux policiers que le père du journaliste avait tué femme et enfant. La police piégée a déboulé en pleine nuit chez la famille Le Corre. Peu après, c'est l'infarctus, qui sera donc fatal, pour le père du journaliste de Rue89. "C'est une cruauté qui dépasse l'entendement", témoigne Pierre Haski, cofondateur de Rue89, lui-même harcelé par Ulcan.

Pierre Haski : "Il m’a appelé hier soir chez moi, assez tard, sur mon téléphone fixe et il m’a simplement dit : 'Tu es une merde, tu vas payer ce soir'"

Cela fait maintenant plusieurs années que Grégory Chelli est actif sur la toile. Né en septembre 1982 dans le 16e arrondissement de Paris, il se présente comme un "militant sioniste". Il revendique à la fois les piratages de numéros de commissariats et les pièges tendus aux policiers qu'il trompe en se faisant lui-même passer pour un policier. Il revendique aussi ce qu'il appelle des "canulars". "Canulars" souvent mis en ligne sur son site violvocal. Il se met en scène en train de piéger la police française ou de faire croire à une vieille dame aveugle que sa nièce (en l'occurence la femme d'Alain Soral) a été victime d'une crise cardiaque.

Ulcan est donc visé depuis mardi par une nouvelle information judiciaire en France pour des "violences volontaires avec préméditation". Des faits qui pourraient être requalifiés depuis la mort du père de Benoît Le Corre. A ce jour, Ulcan assure qu'il vit à Ashdod, en Israël. Et qu'il a la double nationalité franco-israélienne. Ce qui complique l'enquête et une éventuelle extradition vers la France.