La présomption de légitime défense pour les policiers, une idée du FN reprise à son compte par Sarkozy

par Guillaume Gaven jeudi 26 avril 2012 16:27
Lionel Bonaventure Reuters

L'idée a donc été brandie ce matin par Nicolas Sarkozy, après la mise en examen d'un policier. Sauf qu'elle avait été évoquée pour la première fois en septembre dernier par Marine Le Pen et, qu'à l'époque, Claude Guéant avait refusé ce "permis de tirer"...

"Il doit y avoir une présomption de légitime défense car dans un état de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan un policier dans l'exercice de ses fonctions et le délinquant dans l'exercice de ses fonctions à lui." Voilà cette phrase par laquelle la polémique est arrivée, ce midi. Elle a été prononcée par le président-candidat, Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting au Raincy, en région parisienne. 

Nicolas Sarkozy : une présomption de légitime défense pour les policiers  
 

L'idée ne date pas d'aujourd'hui. Sarkozy s'est en fait directement inspiré d'une proposition du Front national, qui figure en toutes lettres dans le programme de Marine Le Pen. Celle-ci l'avait d'ailleurs défendue, en septembre dernier, lors des journées d'été du FN. 

Marine Le Pen pour une présomption de légitime défense des policiers - c'était en septembre 2011, lors des journée d'été du FN  
 

A l'époque, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait écarté la possibilité d'un revers de la main. Pas question de donner "un permis de tirer aux policiers", avait-il dit en janvier dernier. 

Pas question de donner "un permis de tirer aux policiers" disait Claude Guéant en janvier dernier  
 

Sauf qu'aujourd'hui le même Claude Guéant semble avoir bien changé d'avis. "Il n'est pas possible d'accepter qu'un policier, pour riposter, doive attendre qu'on lui tire dessus."

Il faut faire évoluer le droit de la légitime défense, martèle le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant  
 

Et que pense le Front national de tout ce ramdam ? Très logiquement, Marine Le Pen a salué une "victoire idéologique. Chaque jour, Nicolas Sarkozy puise dans mon projet".

Avis plus mitigé de la part d'un de ses porte-parole de campagne, Nicolas Bay : "Si n'importe quel responsable politique donnait le sentiment de se rallier à nos propositions de façon sincère, pour ensuite les appliquer, on s'en réjouirait. Mais il ne s'agit pas de ça, il s'agit de postures électoralistes, quelques jours après le premier tour, et à quelques jours du second". Bref, Sarkozy "prend les électeurs pour des imbéciles."