Dominique Strauss-Kahn "ne pensait pas qu'ils iraient aussi loin"

par Olivier Bénis vendredi 27 avril 2012 21:03
Gleb Garanich Reuters

Dans une interview donnée le 13 avril, et publiée aujourd'hui par le journal britannique The Guardian, l'ancien patron du FMI revient sur l'affaire Nafissatou Diallo, celle qui lui a peut-être coûté la place de candidat à la présidentielle. DSK n'hésite d'ailleurs pas à faire le lien entre les deux évènements...

C'est le journaliste Edward Jay Epstein, auteur d'un livre à sortir sur l'affaire du Sofitel de New-York, qui a décroché l'entretien exclusif avec DSK. Un entretien où, dès le départ, le responsable socialiste évoque un lien entre sa possible candidature à la présidentielle 2012 et ses ennuis judiciaires. Pour lui, de nombreux indices montrent qu'il était sous surveillance dans les jours précédant l'affaire. Les évènements auraient ensuite été dramatisés, orchestrés pour nuire à ses ambitions présidentielles.

Dominique Strauss-Kahn n'a pas donné cette interview à n'importe qui...  
Les précisions de Franck Mathevon à Londres

Pour appuyer ces suspicions, Dominique Strauss-Kahn explique qu'il s'est offert les services d'une agence de détectives privés, pour étudier le système de vidéosurveillance de l'hôtel, les enregistrements de clés électroniques, les conversations téléphoniques. Selon lui, tout cela montre de façon indiscutable qu'il y avait beaucoup d'agitation en coulisses dès son arrivée au Sofitel.

"J'ai peut-être été politiquement naïf"

Dominique Strauss-Kahn explique également qu'il avait demandé, dès le printemps 2011, un système de cryptage pour ses sept téléphones portables. Puis que, un par un, ses téléphones se sont mis à mal fonctionner. Il a alors demandé à ce qu'on enlève le cryptage, juste avant de retourner aux États-Unis. "Il fallait bien que je puisse téléphoner", se justifie-t-il. "J'ai peut-être été politiquement naïf. Mais je ne pensais tout simplement pas qu'ils iraient aussi loin, je ne pensais pas qu'ils trouveraient quoi que ce soit pour m'arrêter."

Sur ce qui s'est vraiment passé dans la suite du Sofitel, l'ex-patron du FMI ne donne aucune nouvelle information. Il défend toujours la thèse du rapport sexuel consenti. Il admet d'ailleurs que cette rencontre avec Nafissatou Diallo n'a sans doute pas été programmée. En revanche, DSK dit être persuadé que ses ennemis politiques ont joué un rôle dans sa chute, en s'assurant notamment que la femme de chambre porterait plainte. "Il me semble qu'il y a dans tout ça plus que des coïncidences", conclue l'ancien favori des sondages, qui avoue qu'il avait, au moment de l'affaire, déjà choisi une date pour annoncer officiellement sa candidature : le 15 juin 2011...

Ce que dénonce DSK, c'est l'escalade qui a suivi l'affaire du Sofitel...  
Explications de Fabienne Sintès, correspondante à Washington