Condamnation ex-candidate FN : découvrez les détails du jugement

DOCUMENT par Delphine Gotchaux jeudi 17 juillet 2014 12:28, mis à jour le jeudi 17 juillet 2014 à 13h11
 Anne-Sophie Leclère, l\\\'ex-candidate FN condamnée à la de prison ferme mardi
Anne-Sophie Leclère, l'ex-candidate FN condamnée à de la prison ferme mardi © MAXPPP

Alors que l'importance de la peine, neuf mois de prison ferme, fait débat, Delphine Gotchaux du service police/justice de France Info a pu consulter les attendus du jugement du tribunal correctionnel de Cayenne. Il explique que "le fait d'assimiler une personne humaine, quelle qu'elle soit, à un animal, constitue une injure, faite à l'humanité entière".

Anne-Sophie Leclère, ex-candidate du Front national aux municipales, était poursuivie pour injure à caractère racial et provocation à la haine raciale après avoir posté sur sa page Facebook un photomontage comparant la garde des Sceaux à un singe. Elle a été condamnée mardi à neuf fois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne. Une peine qui a suscité de nombreuses réactions et dont la lourdeur a pu surprendre.

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Mais les attendus du jugement, que France Info a pu se procurer, expliquent la gravité de la peine. "Le fait d'assimiler une personne humaine, quelle qu'elle soit, à un animal, constitue une injure, faite à l'humanité entière; qu'en outre, le fait, confirmé par les propos tenus à la télévision, que cette injure concerne une personne de race noire, supposée arboricole, constitue de toute évidence une injure à caractère racial, mais aussi une provocation à la haine raciale", explique le tribunal.

"Attendu qu'en répression, il y a lieu de considérer la gravité de l'infraction au regard de la peine maximale encourue; qu'en l'espèce, l'outrage à l'égard des personnes de race noire, mais au delà à toutes les races et donc à toute l'humanité, est particulièrement violente; qu'elle va bien au delà des assimilations entre immigration et délinquance habituellement réprimées pour ce type d'infractions."

Des motivations qui ne manqueront pas d'alimenter la polémique lancée dès mercredi par le Front national et Anne-Sophie Leclère sur l'impartialité des magistrats de Cayenne, sur ce qu'ils appellent une "décision politique". 

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