Attentat à Charlie Hebdo : la veuve d'un policier tué porte plainte

par Rédaction de France Info mardi 5 janvier 2016 12:15
Marque de soutien au policier Franck Brinsolaro lors de ses obsèques le 15 janvier 2015
Marque de soutien au policier Franck Brinsolaro lors de ses obsèques le 15 janvier 2015 © AP/SIP/Remy de la Mauviniere

Le mari d'Ingrid Brinsolaro était chargé de la protection de Charb, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo. Son épouse a porté plainte pour homicide involontaire.

La veuve du policier tué le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo, Ingrid Brinsolaro, a porté plainte contre X lundi pour homicide involontaire a révélé l'hebdomadaire L'Eveil normand, un journal dont elle est la rédactrice en chef. Son mari, Franck, était chargé de la protection de Charb, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique. Selon son avocat, Me Philippe Stepniewski, les réponses attendues méritent une enquête.

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Investigations judiciaires réclamées

L’avocat s’interroge sur la protection à géométrie variable de Charb, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, abattu lui aussi lors de l'attaque du journal. "Pourquoi cette protection a-t-elle été tantôt renforcée, tantôt allégée" se demande le défenseur. "La question se pose aussi de savoir si les informations obtenues ou exploitées par les services de renseignement l’ont été correctement" ajoute-t-il.

Me Philippe Stepniewski fait référence à un fait précis. Quelques mois avant l’attentat, dans le secteur de Charlie Hebdo, un homme a cherché à localiser les locaux du journal. "Cette information a-t-elle été transmise à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) par le service de protection dont faisait partie le policier ?" questionne l’avocat dans le quotidien L’Eveil normand.

"Pourquoi cette protection a-t-elle été tantôt renforcée, tantôt allégée" : Me Philippe Stepniewski, interrogé par Anne Bertrand de France Bleu Haute-Normandie

D’après le défenseur, les réponses impliquent "la déclassification d’un certain nombre d’informations et d’investigations qui doivent être entreprises dans un cadre judiciaire".  "Quand la fille de Monsieur Brinsolaro sera grande, elle voudra connaître avec précision tout ce qui s’est passé. C’est dans cette perspective que nous agissons" a précisé l'avocat pour justifier la requête de la famille.