Viol présumé : les domiciles des policiers perquisitionnés

par Stéphane Pair jeudi 24 avril 2014 21:08, mis à jour le vendredi 25 avril 2014 à 14h32
Le 36, quai des orfèvres à Paris, véritable "saint des saints" de la police française.
Stephane ALLAMAN Maxppp

Un possible scandale sexuel au siège de la police judiciaire parisienne. La police des police et le Parquet de Paris enquêtent depuis mercredi sur l'agression sexuelle présumée d'une jeune femme par plusieurs fonctionnaires de police du 36, quai des orfèvres, siège de la police parisienne. Quatre policiers ont été placés en garde à vue, soupçonnés de viol en réunion. Leurs domiciles ont été perquisitionnés. 

C'est dans la nuit de mardi à mercredi que des fonctionnaires de la BRI - l'anti-gang dans le jargon de la police - prennent un verre dans un pub voisin de l'Ile de la Cité, au coeur de Paris. 

Policier canadien

Dans cet établissement du quartier Odéon, Ils rencontrent une ressortissante canadienne de 34 ans, dont une source proche de l'enquête explique qu'elle serait peut-être la fille d'un policier canadien. Elle est décrite comme psychologiquement fragile. Les hommes de la Brigade de recherche et d'intervention proposent à la jeune femme de quitter le pub pour lui offrir une visite nocturne dans le "saint des saints" de la police française : une visite au 36, quai des orfèvres.

Caméras de surveillance

Les nombreuses caméras de surveillance du quartier, y compris celle de la police judiciaire, filment le groupe entrer. Puis, plus tard, les mêmes caméras montrent la jeune femme sortir du batiment, mais cette fois seule, sans les policiers.

Que s'est-il passé ? La jeune femme affirme que ces hommes l'ont agressée sexuellement. Elle évoque un viol dans les propres locaux de l'anti-gang. Les policiers, en garde à vue depuis jeudi après-midi, et qui répondent aux tirs croisés des questions du parquet de Paris et de l'IGPN, contestent cette version. Une source au "36" souligne, elle, les incohérences et recommande la plus grande prudence dans cette affaire qui, quoiqu'il en sorte au terme de l'enquête, éclabousse déjà la police.

Pour les besoins de l'enquête vendredi matin, les domiciles des quatre policiers ont été perquisitionnés. 

Bernard Cazeneuve veut des sanctions

Le ministre de l'Intérieur, Bernard
Cazeneuve, a assuré vendredi à Marseille qu'il prendrait toutes les sanctions
qui s'imposent si les faits étaient établis.

"Je prendrais toutes les sanctions s'imposant, dans ma responsabilité de
ministre de l'Intérieur si les faits étaient établis".

"Je souhaite que la justice et l'inspection générale de la police aille au
terme de ses investigations pour que la vérité soit faite
", a assuré le
ministre .