Procès Rob Lawrie : aide aux migrants, que prévoit la loi ?

par Charlotte Piret jeudi 14 janvier 2016 09:00
Famille de migrants près de Calais
La petite fille que voulait sauver Rob Lawrie vivait dans la jungle de Calais © REUTERS/Pascal Rossignol

Rob Lawrie, un Britannique de 49 ans, est jugé ce jeudi à Boulogne-sur-Mer pour "aide au séjour irrégulier et aide au passage". La justice reproche à cet ancien militaire d'avoir tenté de faire passer en Angleterre une migrante de quatre ans. Lui parle d'un simple geste d'humanité. Mais il ne s'inscrit dans l'ancien "délit de solidarité" supprimé de la loi en 2012.

Le délit de solidarité c'est fini. Welcome et Vincent Lindon sont passés par là. La loi de 2012 aussi. Désormais, les actions humanitaires désintéressées comme prêter son appartement, donner des médicaments ou de quoi manger à des migrants n'est plus répréhensible par la loi, à condition qu'il n'y ait aucune contrepartie. Si il y a rémunération ou service en échange, cela devient une aide au séjour irrégulier et c’est passible de poursuites pénales.

Tout comme l'aide au passage. Les passeurs, lettons, ukrainiens ou lituaniens, à peine moins miséreux que les migrants qu'ils font monter dans leur camion en direction de l'Angleterre pour quelques centaines ou milliers d'euros, finissent régulièrement à Boulogne-sur-Mer. En comparution immédiate.

Mais l'aide au passage, c'est aussi ce que la justice reproche à Rob Lawrie. Cet ancien militaire encourt 5 ans de prison. Il affirme qu'il n'y n'a pas touché un centime. L’homme prétend n’avoir aidé une fillette afghane de quatre ans que par pure humanité, devant l'insistance de son père. Une circonstance atténuante que devrait entendre le tribunal.

Même si, en décembre dernier à Grasse, Claire, militante de 72 ans a été condamnée à 15000 euros d'amende. Elle avait emmené deux Erythréens en voiture à la gare.

A LIRE AUSSI ►►►Un Anglais jugé pour avoir sorti une enfant de la jungle de Calais : "Est-ce une faute"?