PJ lyonnaise : l'épouse du commissaire Neyret mise en examen

par France Info mercredi 2 novembre 2011 00:00
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Corruption, détournement de drogue : la "police des polices" poursuit ses investigations dans l’enquête qui vise quatre patrons de la police judiciaire lyonnaise. Les gardes à vue ont été prolongés, les quatre policiers seront sans doute interrogés jusqu’à lundi matin. _ Deux autres personnes mises en cause – l’épouse du numéro 2 de la PJ lyonnaise, le commissaire Neyret, et un membre présumé du "milieu" lyonnais – ont été déférés cet après-midi et mises en examen.

L’épouse du superflic Michel Neyret et un homme membre présumé du "milieu lyonnais", ont été déférés dans l’après-midi au parquet de Paris. Et aussitôt mis en examen pour recel de corruption, recel de trafic d'influence et association de malfaiteurs.
_ Mme Neyret a été laissée en liberté sous contrôle judiciaire, l'autre suspect a été placé en détention.

Le numéro 2 de la PJ lyonnaise, le commissaire Neyret, le chef de l’antigang de Lyon, celui de l’antenne grenobloise et son adjoint, sont toujours cuisinés par les "bœuf-carottes", ils devraient l’être jusqu’au terme de leur garde à vue lundi, puis déférés à leur tour. La qualification de "trafic de drogue" pourrait alors être retenue.

Dans le cadre de ce volet de l’enquête, un homme installé sur la Côte d’Azur et soupçonné d’avoir mis des voitures de luxe à la disposition du commissaire Neyret devait être mis en examen à Grasse (Alpes-Maritimes) et placé en détention provisoire.
_ Dans le volet trafic international de drogue, l’origine des soupçons pesant sur les policiers lyonnais, trois hommes sont toujours en garde à vue à Paris et devraient être déférés lundi également.

L’affaire avait démarré le 27 novembre 2010 avec la saisie de 110 kilos de cocaïne et 170.000 euros en liquide dans un appartement de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Trois trafiquants présumés avaient été interpellés, mais deux hommes, dont le chef présumé du réseau, réussissaient à prendre la fuite.
_ En remontant la filière, les "Stups" parisiens sont alors identifié des policiers gravitant dans ce milieu. Au volet trafic de drogue s’est alors ajouté un volet trafic d’influence et corruption.

Policiers corrompus ?

Les surveillances et les écoutes mises en place ont conduit à l’interpellation des quatre patrons de la PJ et de l’épouse de Michel Neyret jeudi à l’heure du laitier.
_ Le charismatique numéro 2 de la PJ lyonnaise est soupçonné d’avoir fourni des informations confidentielles à des membres du grand banditisme. Il serait également intervenu en leur faveur auprès de magistrats, dont certains pourraient être inquiétés. Il aurait enfin détourné des scellés pour rémunérer ses indics.

Sur France Info, l’avocat du commissaire Neyret estime que "tout le monde" devra faire "son examen de conscience" : "A partir du moment où on va plonger dans un milieu qui est le milieu naturel des services de police, de recherche des infractions, de recherche des grosses informations surtout, on flirte effectivement avec un monde qui est le monde de l'illégalité", explique Me Yves Sauvayre.

Gilles Halais, avec agences