Le voile intégral devient hors la loi dans les lieux publics

par Anne Lamotte mercredi 2 novembre 2011 00:00

La loi votée en octobre dernier entre en application. Le port du niqab et de la burqa est interdit dans la rue, les gares, les parcs, les cinémas, ou encore les commerces à partir d'aujourd'hui. Quelque 2 000 femmes seraient concernées. Elles risquent désormais 150 euros d'amende si elles refusent d'obéir à cette nouvelle loi que les policiers estiment difficile à appliquer...

 

Les consignes du ministère de l'Intérieur sont claires. Si une femme voilée refuse d'ôter le vêtement, il y a d'abord explication. Le policier doit lui dire que si elle persiste, il va devoir la conduire au commissariat pour vérifier son identité. Une procédure qui peut prendre longtemps - jusqu'à quatre heures - et qui peut coûter cher, l'amende est fixée à 150 euros.

Le ministère précise que le policier devra faire preuve de persuasion. Il devra aussi faire preuve de discernement, ajoutent les syndicats de police. Car d'après eux, certaines situations risquent d'être délicates à gérer. Comme dans le cas par exemple où une femme refuse d'enlever son voile, "que les personnes qui l'accompagnent ou le voisinage commencent à soutenir la personnes mise en cause et que cela prenne des proposions importantes ", explique Jean-Marc Bailleul, secrétaire général adjoint du SNOP, le syndicat majoritaire des officiers de police. "Les policiers sont plutôt inquiets de ça. Que ça crée plus de désagréments que l'infraction elle-même", poursuit-il.

Et certains policiers craignent aussi les provocations. "Il y a des militantes qui voudront être amenées au poste", affirment-ils. Le but, selon eux, stigmatiser la loi et pointer du doigt les forces de police.