Emplois fictifs : la justice n’entendra jamais Chirac

par France Info mercredi 2 novembre 2011 00:00
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Jacques Chirac sera "jugé en son absence" : décision de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris qui accepte l’excuse médicale de l’ancien chef de l’Etat. Il n’y aura donc pas de contre-expertise et le procès des emplois fictifs de la ville de Paris reprendra dès mardi après-midi.

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Des différentes options qui s’offraient à eux, les juges ont choisi celle qui sied de toute évidence le mieux à la défense : le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris se poursuivra sans le principal prévenu. Jacques Chirac ne sera jamais appelé à la barre et ce sont ses avocats qui répondront à sa place aux questions du tribunal.

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Dans sa décision, le tribunal correctionnel de Paris dit "prendre acte" des termes du courrier adressé à la cour par les avocats de Jacques Chirac – ceux-ci faisaient valoir que l’état de santé de leur client l’empêchait de comparaître. Cela signifie que le tribunal s’en remet au diagnostic des médecins consultés en privé par l’ancien président, et qu’il ne demandera aucune contre-expertise.

Le président de la 11e chambre a lu la lettre signée par l’ancien chef de l’Etat, courrier dans lequel il demande à être représenté par ses avocats. En voici l’intégralité :
_ "J'ai demandé à mes avocats de vous transmettre le rapport médical du Professeur Olivier Lyon-Caen ainsi que le dossier qui l'accompagne. Chacun comprendra que cette démarche m'est particulièrement pénible, a fortiori sachant qu'elle deviendra publique.
_ Si je n'ai plus l'entière capacité de participer à son déroulement, je veux dire que ma volonté d'assumer ce procès demeure totale. Je crois, en effet, ce procès utile à notre démocratie car il montre que tous les Français sont égaux face à la justice. C'est un des principes qui fondent notre pacte républicain et auxquels j'ai toujours été et je reste attaché.
_ C'est pourquoi j'ai demandé à mes avocats de me représenter et de porter ma voix durant les audiences, même si je ne pense pas être en situation de leur apporter mon concours".

Seuls huit prévenus assisteront à ce procès qui aurait dû être le premier à juger un chef de l'Etat pour des faits présumés de financement politique. Une dixième prévenue, Marie-Thérèse Poujade, âgée de 82 ans, a été dispensée de comparaître pour raisons médicales également.

Jacques Chirac, qui aura 79 ans en novembre, est poursuivi pour détournement de fonds publics à la mairie de Paris entre 1992 et 1995, la dernière d’une longue série d’affaires de corruption pour lesquelles plusieurs de ses proches, dont Alain Juppé, ont été condamnés ces 15 dernières années.

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Gilles Halais, avec agences