Crash d'un Airbus Germanwings : les différentes hypothèses

par Yann Bertrand mardi 24 mars 2015 20:48
Les secours ont effectué des recherches toute la journée autour de la zone du crash
Les secours ont effectué des recherches toute la journée autour de la zone du crash © MAXPPP

Même si la piste d'un incident technique est fréquemment citée, aucune hypothèse n'est privilégiée dans le crash de l'Airbus A320 de la Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence ce mardi. Du coup, les scénarios à envisager sont assez nombreux, même s'ils ne sont pas tous aussi crédibles.

Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, mais aussi de nombreux spécialistes aéronautiques répètent depuis plusieurs heures qu'il ne faut pour l'instant écarter aucune hypothèse pouvant expliquer le crash de l'Airbus A320 de la compagnie low cost allemande Germanwings ce mardi dans le massif des Trois Evêchés dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il existe plusieurs scénarios à l'heure actuelle.

Un problème technique ?

Les dernières minutes avant le crash posent question. Pendant huit minutes, durée précisée par le PDG de la compagnie Germanwings, l'avion est lentement descendu de son altitude de croisière, pour finalement s'écraser à environ 3.000 mètres d'altitude, au niveau du relief. Plusieurs témoins interrogés sur France Info ce mardi affirment ne pas avoir aperçu de fumée se dégageant de l'appareil pendant cette phase de descente, ce qui semble exclure un incendie à l'extérieur de l'avion. Peut-être le pilote et le co-pilote ont-ils dû abandonner le cockpit suite à un dégagement de fumée inopiné ? Ou alors ont-ils subi une panne sèche de carburant ? En tout cas, le pilote - très expérimenté selon les données fournies par la compagnie - n'a pas pu corriger sa trajectoire. Et il n'a pas adressé de signal de détresse pendant cette descente, ce qui n'est pas normal. D'où l'hypothèse d'une possible défaillance humaine parmi l'équipage.

Évoquée dans un premier temps, l'ancienneté de l'appareil - 24 ans - ne semble pas avoir été un facteur déterminant. En effet, selon l'un des dirigeants de Germanwings, Thomas Winkelmann, l'A320 avait subi une grosse révision au milieu de l'année 2013. Et il avait passé des tests concluants il y a quelques semaines. Malgré tout, on ne peut écarter l'hypothèse d'une partie de l'appareil défectueuse, qui n'aurait pas subi de maintenance poussée.

Un attentat ?

Cette piste n'est pas privilégiée par les enquêteurs, ce que se sont efforcés de rappeler les différents politiques et dirigeants de la compagnie Germanwings ce mardi. L'explosion en vol est hautement improbable, notamment car les débris de l'avion ne s'étendent pas sur des kilomètres, comme c'est généralement le cas en pareil cas ; ils sont restés circonscrits à une zone relativement étroite dans le massif montagneux. Cependant, impossible d'écarter d'emblée une explosion à l'intérieur de l'appareil, un détournement de l'appareil avant le crash, des terroristes forçant par exemple le pilote à quitter le cockpit sous la menace.

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Le travail des enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), arrivés sur place dans la journée, sera d'étudier toutes ces hypothèses une à une, sans en écarter une d'emblée. Pour cela, l'étude de la boîte noire retrouvée parmi les débris devrait s'avérer utile. Encore cela dépend-il de l'état des données contenues à l'intérieur.

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L\\\'altitude de l\\\'avion durant le vol jusqu\\\'à sa disparition des radars
L'altitude de l'avion durant le vol jusqu'à sa disparition des radars © IDÉ