Charlie Hebdo : la traque des deux frères concentrée dans l'Oise

par Rédaction de France Info jeudi 8 janvier 2015 11:35, mis à jour le jeudi 8 janvier 2015 à 20h00
Des recherches sont menées  par le Raid et le GIGN en Picardie
Le RAID et le GIGN ont fouillé intensément Corcy et Longpont deux villages de Picardie ©MaxPPP

Chérif et Saïd Kouachi, recherchés par toutes les polices de France depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, ont été repérés dans l'Aisne. Ils ont braqué une station-service à Villers-Cotteret dans l'Aisne. Ils sont porteurs d'armes de guerre.

Selon des sources proches de l'enquête, les deux frères recherchés après l'attentat meurtrier mercredi contre Charlie Hebdo ont braqué une station-service Avia jeudi matin vers 10h30, sur la RN2, dans le sens Soissons-Paris. Une station isolée à deux kilomètres de Villers-Cotterets dans l'Aisne. C'est le gérant de la station-essence braquée qui a "formellement reconnu" les deux frères Chérif et Saïd Kouachi. Ils sont "cagoulés, avec kalachnikov et lance-roquettes apparentes". Et circulent à bord d'une Clio grise ou blanche avec de fausses plaques. 

Le gérant agressé a immédiatement appelé le numéro vert mis en place depuis le lancement de l'avis de recherche (0805 05 02 17 17) en ayant pris soin de relever le numéro de la plaque d'immatriculation des suspects. Depuis l'enquête et la traque se poursuivent.  Un important dispositif policier a été déployé pour tenter de les arrêter entre Crépy-en-Valois et Villers-Cotteret.. On évoque la présence du RAID et du GIGN. Selon l'un des reporters de France Info, des hommes du RAID ont investi un corps de ferme avant d'en ressortir.

On ne sait pas si c'était pour une réunion préparatoire à l'opération ou si  les hommes arnachés et cagoulés ont procédé à une fouille. Un hélicoptère de l'armée a également été vu survolant la zone.

La traque suite

Saïd Kouachi reconnu sur photo comme "agresseur"

Lors d'une conférence de presse jeudi soir, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a confirmé l'identité des deux frères, nés à Paris, et a précisé que Saïd Kouachi a été "formellement reconnu sur photo comme agresseur". L'homme, qui est "domicilié à Reims" et "sans emploi" "n'a jamais été poursuivi ni condamné mais est apparu en périphérie des affaires judiciaires" dans lesquelles son frère Chérif a été impliqué selon le ministre. Chérif Kouachi est un djihadiste connu des services antiterroristes qui fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" qui recrutait des djihadistes pour les envoyer en Irak.

Bernard Cazeneuve a rappelé que les deux frères "avaient fait l'objet de surveillance", mais "aucun élément incriminant susceptible d'entraîner l'ouverture d'une information judiciaire n'avait été relevé à leur encontre". Le ministre a ajouté que dans cette enquête, neuf personnes sont actuellement en garde à vue. Dimanche, il a invité des responsables américains et européens pour discuter de terrorisme.

Des recherches sont également menées dans plusieurs villages du secteur selon plusieurs témoins. 

Plus tôt dans la matinée, le plan Epervier a  été déclenché dans le département de l'Aisne. Toutes les bretelles d'entrée et et de sortie de la nationale 7 sont surveillées par une voiture de gendarmerie a pu constater une journaliste de France Info qui a fait le trajet entre Paris et Villers-Cotteret. Les brigades d'intervention, stationnées porte de la Villette (à Paris), ont reçu l'ordre de s'équiper de fusils d'assaut et d'équipements de protection. 

Une traque qui a débuté mercredi soir 

La police s'est lancée mercredi soir dans la traque de deux frères, Chérif et Saïd Kouachi. C'est l'appel à témoin diffusé dans la nuit qui aurait donc permis de retrouver leurs traces. On sait aussi comment la police s'est retrouvée sur la piste des deux frères. La carte d'identité de Saïd Kouachi a été oubliée dans la Citroën C3 qui a servi à la fuite des auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo qui a fait 12 morts.