Quand la reine d'Angleterre serre la main d'un ancien dirigeant de l'IRA...

par Grégoire Lecalot mardi 26 juin 2012 17:05
David Moir Reuters

Symbole ultime de la réconciliation en Irlande du Nord, la reine Elizabeth II se prépare à rencontrer un ancien dirigeant de l'IRA. Arrivée en Irlande du Nord dans le cadre des célébrations de son jubilé de diamant, la souveraine rencontrera demain Martin McGuinness, ancien chef d'état-major de l'IRA et aujourd'hui vice-Premier ministre d'Ulster, à qui elle va serrer la main.

Entre 1979 et 1982, si un homme n'envisageait pas de serrer la main un jour à la reine d'Angleterre, c'était bien Martin McGuinness. Il était alors chef d'état-major de l'IRA, l'Armée républicaine irlandaise, en pleine lutte pour détacher la province d'Ulster du Royaume-Uni. Pourtant, demain, à Belfast, c'est ce qu'il fera, en tant que vice-Premier ministre de la province semi-autonome.

Ce geste sera sans doute un grand moment d'émotion, et un symbole fort du retour de la paix en Irlande du Nord, après 30 années de "troubles" qui ont fait 3.500 morts. Signe des temps, c'est la première fois qu'une visite de la reine est annoncée à l'avance.

Poignée de main

La reine Elizabeth II est arrivée aujourd'hui en Ulster, dans le cadre du tour du Royaume-Uni qu'elle a entrepris pour son jubilé de diamant. Elle a assisté à un office religieux à Enniskillen, dans le sud de la province, théâtre d'un sanglant attentat en 1987.

C'est demain, après une réception au palais de Stormont à Belfast, qu'elle doit rencontrer Martin McGuinness, dans un théâtre de la ville, au cours d'une manifestation culturelle à laquelle assistera aussi le président irlandais, Michael D Higgins : "il s'agit aussi, en tant que représentant de mon parti (le Sinn Féin, NDLR), de montrer aux unionistes du nord que nous sommes prêts à respecter ce en quoi ils croient, même si nous sommes toujours des républicains irlandais", a commenté l'ancien dirigeant de l'IRA, âgé de 62 ans, qui a aussi été l'un des principaux négociateur des accords du Vendredi Saint, en 1998.

Jusqu'à présent, le Sinn Féin, qui milite toujours officiellement pour le rattachement de l'Ulster à la république d'Irlande, a toujours boycotté les visites d'Elizabeth II. Mais sa position a évolué depuis l'an dernier, lors de la visite de la souveraine en Iralnde, justement. Le Sinn Féin avait salué la "sincère compassion" de la reine pour les victimes de la cause irlandaise.