Migrants : à 140 km de Calais, bientôt une "jungle" à Zeebruges ?

par Laxmi Lota jeudi 18 février 2016 09:02
A Zeebruges, la police a recensé 300 migrants depuis janvier
A Zeebruges, la police a recensé 300 migrants depuis janvier © MaxPPP

Depuis plusieurs semaines, des migrants de Calais partent vers la Belgique en espérant rejoindre l'Angleterre en ferry depuis Zeebruges, où les autorités craignent la constitution d’une "jungle".

Un sommet européen se tient à Bruxelles ce jeudi pour aborder notamment la question des migrants et de la gestion des flux. La Belgique est concernée et voit arriver du côté de Zeebruges, des migrants venus de Calais. 300 migrants ont été recensés par la police depuis janvier dans cette station balnéaire et ce port de la mer du Nord. 

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A quelques mètres de la mer, une quinzaine de migrants tentent de se réchauffer sous un abribus de Zeebruges. Ils dorment contre les murs d'une église, à l'extérieur. Ces hommes expliquent qu'ils sont Iraniens et qu'ils ont fui parce qu'ils sont chrétiens. Ali, 24 ans, veut rejoindre l'Angleterre à tout prix. “C'est très dur, le froid, la pluie" explique-t-il, "la nuit dernière, nous avons dormi sous la pluie, nous étions trempés". Il ajoute qu'il va "se battre pour avoir un avenir meilleur", où il sera "en sécurité".

Le reportage de Laxmi Lota auprès des migrants de Zeebruges en Belgique

La police arrête régulièrement des migrants pour les conduire à l'Office des étrangers de Bruxelles. Mais comme la plupart ne veulent pas demander l'asile en Belgique, ils reçoivent un ordre de quitter le territoire. Ils sont ensuite relâchés juste devant le commissariat de Zeebruges. La co-directrice de la Coordination et initiatives pour réfugies et étrangers (CIRE) Caroline Intrand résume la situation en disant "qu’on tourne en rond".

"Les mesures répressives prises à l’heure actuelle par les autorités belges sur la côte sont des mesures qui sont dissuasives et qui n’ont pas pour vocation de régler la situation."

En attendant une solution, les bourgmestres de la côte ont demandé de l'aide au gouvernement pour ne pas voir des tentes de migrants s'installer sur les plages.