La plus haute tour d'Europe inaugurée à Londres

par Gilles Halais mercredi 4 juillet 2012 12:23, mis à jour le jeudi 5 juillet 2012 à 05h00
Toby Melville Reuters

Le Shard, planté au sud de la Tamise, culmine à 310 mètres de haut dans le ciel londonien. Une gigantesque épine de verre, 95 étages de bureaux, commerces, hôtel et restaurants de luxe, et quelques appartements pour propriétaires au solide compte en banque.

Douze ans après les premiers coups
de pelleteuse, le Shard est prêt pour les JO de Londres et ses deux millions de
visiteurs. L'inauguration de la plus haute tour d'Europe, ce soir, est à la
hauteur de l'audace de son architecte, l'Italien Renzo Piano : ballet
nocturne de lasers et projecteurs sur les grands monuments londoniens, illumination
du gratte-ciel et concert du London Philarmonic Orchestra.

Au-dessus des 600.000 mètres carrés
de bureaux, commerces, hôtel cinq étoiles et restaurants de luxe, un
observatoire offre au public une vue panoramique à 360°. Entre le 53e
et le 65e étage, une dizaine d'appartements — les plus hauts du
marché britannique — ont été vendus à prix d'or, entre 43 et 62 millions d'euros,
si l'on en croit les chiffres qui circulent dans les médias britanniques.

Déjà un symbole critiqué

Des médias très critiques vis-à-vis
de cette nouvelle icône londonienne, qualifiée par le Guardian de "métaphore parfaite du Londres
d'aujourd'hui
[...] cher, ne connaissant pas de limites et principalement aux
mains de capitaux étrangers
". Le promotteur, Sellar Property, n'aurait pas pu
venir à bout du chantier si les pétrodollars qataris n'avaient pas volé à sa
rescousse. Le Qatar, qui possède de nombreux édifices londoniens et le célèbre
magasin Harrods, est désormais propriétaire à 95 % du Shard.

"Ce n'est pas un symbole arrogant, plutôt un kaléïdoscope", pour Renzo Piano  
L'architecte du Shard répond à Franck Mathevon