Dans le tunnel sous la Manche, des agents de sécurité à la place des pompiers

par jeudi 4 octobre 2012 23:21, mis à jour le vendredi 5 octobre 2012 à 06h00
Pascal Rossignol Reuters

INFORMATION FRANCE BLEU NORD Suite à un différend juridique et financier, Eurotunnel se sépare des pompiers du tunnel sous la Manche. Ils vont être remplacés par des agents de sécurité.

Selon nos confrères de France Bleu Nord, à partir du 1er janvier
2013, les pompiers du Pas-de-Calais n'assureront plus la sécurité du tunnel
sous la Manche. Ils n'ont pas souhaité renouveler la convention en vigueur depuis 18 ans, suite à des modifications des termes du contrat par Eurotunnel. 45 pompiers étaient installés sur le site depuis l'ouverture du
tunnel en 1994.

Sur leur forum, les pompiers relayent l'information. Ils reviennent sur leur rôle
dans le tunnel "assurer la première ligne de réponse", et
intervenir ainsi "très rapidement dans le tunnel en cas d'incendie, comme
ce fut le cas le 11 septembre 2008"
.

Le prix de cette prestation,
lit-on, s'élève à 2,7 millions d'euros par an, renégocié tous les deux ans. "Cette
convention fait l'objet d'âpres négociations, cette fois le divorce est
consommé"
écrivent-ils. C'est donc en raison d'un différend juridique et
financier qu'Eurotunnel a décidé de se séparer des pompiers.

Des agents de sécurité pour
les remplacer

Eurotunnel remplacera les
pompiers par des agents de sécurité d'une entreprise privée, le groupe Onet qui
emploie plus de 50.000 salariés, dont environ 10% dans la sécurité. La société demande
aux candidats du sang-froid, du sérieux, des brevets de secourisme et
idéalement d'une expérience de pompiers volontaires, mais rien d'obligatoire.

Pour Eurotunnel, l'avantage
est financier : des agents de sécurité coûtent moins chers que des
pompiers professionnels.

Les agents n'auront pas pour
mission d'éteindre les incendies

Ces agents seront chargés de "prévention
incendie"
et de "contrôle des moyens de secours", c'est-à-dire
plus de mission pour éteindre les incendies. Pourtant, les dix premières
minutes sont cruciales dans un incendie, et aucune caserne dans le
Nord-Pas-de-Calais, n'est à 10 minutes du tunnel. Eurotunnel compte
certainement sur les quatre stations d'attaque du feu construites après l'incendie
de 2008. Autre argument : dans le tunnel sous la Manche, il y a seulement des
trains, pas de voitures, ce qui limite les risques.

Une formation est tout de même prévue à l'arrivée des agents fin novembre.

Avec ce contrat, Eurotunnel change radicalement de stratégie contre le feu (Matthieu Darriet, France Bleu Nord)