Aide financière à la Grèce contre contrats d’armements : le "J’accuse" de Cohn-Bendit

par France Info mercredi 2 novembre 2011 00:00
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Radio France © France Info

La France a-t-elle "monnayé" son aide financière à la Grèce ? Daniel Cohn-Bendit accuse Nicolas Sarkozy et François Fillon d'avoir fait pression sur le Premier ministre grec pour qu’il continue à acheter des armements à la France…

Des frégates françaises, des hélicoptères, des avions français et des sous-marins allemands : Paris et Berlin auraient, si l’on en croit Daniel Cohn-Bendit, fait pression sur le gouvernement grec pour qu’il continue à honorer ses contrats d’armements signés avec la France et l’Allemagne.
_ Et il y en a pour des milliards d’euros.

Comme à son habitude, le leader d’Europe Ecologie n’y va pas de main morte.
_ Il affirme tenir ses révélations de la bouche-même du chef du gouvernement grec.
_ Au cours d’une rencontre en marge du sommet de l’Otan à la mi-février, Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient glissé à Georges Papandréou : "Nous allons lever des sommes pour vous aider, mais vous devez continuer à payer les contrats d'armements qu'on a avec vous, signés par le gouvernement Caramanlis".

“On est complètement hypocrites”

"Ce que doit faire le gouvernement Papandréou est pratiquement impossible", s’emporte Daniel Cohn-Bendit, à propos des sacrifices salariaux et sociaux demandés à la Grèce. Fustigeant les dépenses militaires en Grèce, qui plombent les déficits, et "l'hypocrisie" de certains partenaires qui en profitent pour garnir leurs carnets de commande.
_ "On leur donne de l'argent pour acheter nos armes. On est complètement hypocrites", s’insurge Daniel Cohn-Bendit. "C’est quand même incroyable la manière dont les Merkel et Sarkozy de ce monde traitent un Premier ministre grec ! ", ajoute-t-il.

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Matignon : "basses polémiques"

Le leader d’Europe Ecologie exige de la Commission européenne un rapport sur les ventes d’armes à la Grèce et à la Turquie ces dernières années, "afin qu’il y ait de la transparence", précise-t-il.

- Réaction des services du Premier ministre : "L'heure est suffisamment grave pour ne pas perdre de temps avec de basses
polémiques dénuées de tout fondement".

Gilles Halais, avec agences