Plan autisme : dépistage précoce et nouvelle approche

par Taimaz Szirniks jeudi 2 mai 2013 17:19, mis à jour le vendredi 3 mai 2013 à 06h30
Le plan Autisme prévoit un dépistage précoce
Maxppp

La généralisation du dépistage dès 18 mois et une approche fondée sur l'éducation : voici les nouveaux outils de lutte contre l'autisme. Le plan 2014-2017 présenté jeudi matin par la ministre de la Santé prévoit aussi une plus grande intégration des familles et des places d'accueil supplémentaires pour les adultes. Les associations de patients se disent déçues.

Un budget en légère hausse, mais surtout un changement de cap. Marisol Touraine a présenté jeudi matin le troisième plan Autisme
(2014-2017), qui prévoit de nouvelles méthodes de prise en charge pour les enfants et les adultes autistes. 

Un nouveau-né sur 150 serait concerné par ce trouble, qui toucherait jusqu'à 450.000 personnes en France. Ce plan doté d'un budget de 205 millions d'euros, soit 18 millions de plus que le plan 2008-2010, doit améliorer les très mauvais scores du système français dans la prise en charge des patients.

Dépistage précoce et accompagnement tout au long de la vie

Un des points essentiels du plan est la réalisation d'un premier dépistage dès 18 mois. Présenté par la ministre de la Santé, avec à ses côtés la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, le plan prévoit également le développement de la recherche française sur le diagnostic, qui accuse de grands retards.

"De nombreux enfants sont dépistés trop tardivement" a reconnu Marisol Touraine. Et en 2010, "moins d'une personne sur cinq bénéficiait d'un accompagnement adapté.

L'approche comportementale privilégiée

Deux approches s'affrontent autour de l'autisme : faut-il privilégier une approche psychanalitique ou plutôt un accompagnement éducatif ? Les associations d'autistes et de parents s'insurgent contre la prise en charge psychiatrique de l'autisme, qui conduit à l'internement en instituts.

Ecoutant les recommandations que la Haute autorité de Santé a formulées l'année dernière, Marie-Arlette Carlotti a priviliégié une approche comportementale. L'accompagnement des personnes autistes doit se faire tout au long de leur vie, et surtout pas dans l'isolement. 

"Les autistes n'ont rien à faire dans les hôpitaux psychiatriques" - Le reportage de Maxence Lambrecq  

Ainsi, 1.500 places d'accueil supplémentaires ont été mises en place pour les adultes, et 700 places seront créées en unités d'enseignement pilotes en maternelle. La ministre a également annoncé la création de 350 nouvelles places d'accueil temporaire, alors que la France n'en comptait que 40.

Les associations jugent ce plan "décevant"

Pour les associations de parents et de patients, qui ont participé à sa préparation, ce plan ne
va pas assez loin et ne prend pas en compte les réalités françaises de l'autisme. 

"Il n'y a pas un médecin en France qui puisse diagnostiquer l'autisme à 18 mois", accuse M'Hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'autisme. "Au lieu de mettre des budgets pour innover, le gouvernement dit qu'il va améliorer les structures qui existent, et qui ne fonctionnent pas."

"Les structures de soin résistent au changement" - M'Hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'autisme  

La ministre reconnait la méconnaissance de ce trouble de la part du personnel soignant et des enseignants, et souhaite mettre en oeuvre dès 2014 des réseaux d'alerte dans les hôpitaux et les écoles. Une grille de dépistage sera également inclue dans le carnet de santé lors de sa prochaine refonte, en 2015.

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