Zone euro : Christine Lagarde (FMI) évoque la possibilité d'une "sortie ordonnée" de la Grèce

par Gilles Halais mercredi 16 mai 2012 10:10

La directrice générale du FMI espère que la Grèce restera dans la zone euro. "Mais nous devons être préparés techniquement à tout", ajoute Christine Lagarde, envisageant, pour la première fois, une sortie de la Grèce.

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Yuri Gripas Reuters

Zone euro : Christine Lagarde (FMI) envisage, pour la première fois, une sortie de la Grèce © Reuters Yuri Gripas

Quelques heures après un nouvel échec de formation de gouvernement, et
l'annonce de législatives à la mi-juin, la patronne du FMI a, mardi soir et pour
la première fois, envisagé une sortie de la zone euro pour la Grèce.
Ce scenario "serait extraordinairement coûteux" et "présenterait
de grands risques",
concède la directrice générale du Fonds monétaire
international. "Mais ça fait partie des options qu'on est obligé de
regarder techniquement",
ajoute-t-elle. "Nous ne l'espérons
vraiment pas du point du vue du FMI, mais nous devons être préparés
techniquement à tout",
martèle la patronne du FMI.

De nouvelles élections législatives sont convoquées en Grèce, sans
doute le 17 juin. Depuis le scrutin du 6 mai, marqué par un affaiblissement
spectaculaire des grands partis et une fragmentation du paysage politique, tous
les efforts déployés pour former un gouvernement de large coalition ont échoué.
Les discussions ont, chaque fois, capoté sur des positions incompatibles des
partisans et adversaires de l'austérité.

700 millions d'euros retirés des banques

A mesure que la Grèce s'enfonce dans la crise politique, l'extrême-gauche
grappille des points dans les sondages. Et l'hypothèse d'une sortie de la zone
euro devient de plus en plus crédible. Car le non-respect des engagements grecs
sur l'austérité entraînerait automatiquement un arrêt des versements de l'aide
financière à la Grèce, la faillite du pays et un retour à une drachme
grandement dévaluée.

En quelques heures, les Grecs ont retiré 700 millions d'euros de leurs comptes
en banque. Un mouvement de "peur qui pourrait évoluer en panique",
reconnaissent les autorités.

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