Voilée, une femme est refoulée d'une agence bancaire de Belfort

par Mikaël Roparz dimanche 24 juin 2012 22:11
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La semaine dernière, une femme de confession musulmane se rend à son agence bancaire, le Crédit Mutuel du centre de Belfort. On lui refuse l'entrée de la banque parce qu'elle n'a pas enlevé son foulard. La direction du Crédit Mutuelle parle d'"une erreur isolée".

Kübra Kagitci, de confession musulmane se rend rencontrer son agent financier au Crédit Mutuelle de Belfort. Il est environ 9h quand une employée décide d'activer la porte du sas de sécurité. L'employée en poste au guichet lui demande d'enlever son foulard si elle veut rentrer. Choquée, Kübra Kagitci quitte l'agence pour aller au commissariat. On lui explique alors que son "visage devait être dégagé".
La jeune femme décide de ne pas en rester là et fait appel à Cojep International, une ONG présente dans une quinzaine de pays en Europe, dans les Balkans et dans le Caucase. Ses domaines d'actions sont la Démocratie, les Droits de l'Homme, le Vivre Ensemble, la Lutte contre le Racisme et les Discriminations.

"Pas suffisamment identifiable"

De son côté, la direction de la banque a publié un communiqué sur facebook. "Hier, l'une de nos clientes portant un voile s'est vue malencontreusement refuser l'accès d'une de nos agences. En effet, suite à une mauvaise interprétation des règles de sécurité en vigueur, une salariée a estimé que la personne n'était pas suffisamment identifiable" indique la direction.

"Dans la mesure où nous exerçons une profession à risque, des consignes strictes doivent être respectées afin de protéger les personnes au sein des agences. L'accès serait ainsi refusé à quelqu'un qui porterait un casque de moto, une cagoule, ou tout élément empêchant son identification. En l'espèce, il s'agit bien d'une erreur isolée et non d'un principe régissant notre entreprise."

"Le Crédit Mutuel accueille des clients de toutes religions ou origines dans ses Caisses, sans discrimination aucune"

La jeune musulmane a exigé des excuses personnelles de l'employée. La banque regrette "sincèrement cet incident".