Un an d'embargo russe : de grosses pertes pour l'agriculture française

par Rédaction de France Info jeudi 6 août 2015 23:24, mis à jour le vendredi 7 août 2015 à 05h00
En Limousin, cet embargo pénalise surtout les producteurs de pommes
En Limousin, cet embargo pénalise surtout les producteurs de pommes © Maxppp

La Russie qui a décrété il y a un an un embargo sur les produits agroalimentaires venant d'Europe l'a encore durci ce vendredi. Entre la perte nette et la saturation du marché par les produits européens, les conséquences se sont faites durement ressentir pour les agriculteurs français.

Il y a un an jour pour jour, la Russie décrétait un embargo sur les produits alimentaires européens en représaille à des sanctions économiques sur fond de crise ukrainienne. Et l'embargo, prolongé pour un an au mois de juin, se durcit, puisque jeudi la Russie s'est mise à détruire les produits occidentaux. Jusque-là, ils étaient renvoyés dans leur pays d'origine. 

Pour les producteurs français, les conséquences se sont faites durement ressentir depuis un an. "Nous sommes les otages d'enjeux diplomatiques qui nous dépassent", explique Paul Auffray, le président le Fédération nationale porcine. Il résume d'une phrase ce que pensent les producteurs.

Et c'est encore plus vrai pour le porc dont l'embargo a commencé il y a 18 mois exactement. La France exportait jusque là 70.000 tonnes de viande de porc chaque année vers la Russie. Tout s'est arrété d'un coup. Et le marché a été complétement désorganisé, affirme Paul Auffray : "on estime la perte économique pour les éleveurs à près de 20 centimes du kilos de carcasse, soit près de 800 millions d'euros sur les 18 mois", dit-il.

Pour les producteurs français, les conséquences de l'embargo russe se sont faites durement ressentir depuis un an, Manuel Ruffez

Une perte directe... et un marché européen saturé

Parce qu'il y a la perte directe, mais aussi les conséquences d'un marché européen qui se retrouve saturé de produits qui normalement auraient dû finir en Russie. Ce qui inévitablement fait chuter les cours. Par exemple la France n'exportait que 3% de sa production de pommes, mais la Pologne en exportait 850.000 tonnes.

Ce producteur du Limousin explique : "Nous commercialisions environ 1.000 tonnes de pommes par an pour la Russie, environ 10%, ce n'est pas négligeable du tout". "Ca nous a vraiment impacté, il a fallu trouver d'autres marchés, des marchés moins intéressants", ajoute-t-il.

Embargo russe : "C'était un marché intéressant pour nous et pour l'instant on a tout perdu" - Jean-Luc Souris est le directeur de Limdor en Limousin