UE : Angela Merkel veut un "droit d'ingérence" sur les budgets nationaux

par Rémi Ink jeudi 18 octobre 2012 12:23
Tobias Schwarz Reuters

La chancelière allemande Angela Merkel a défendu jeudi l'idée d'instaurer un droit de veto sur les budgets nationaux des États membres de l'Union Européenne. Un nouveau tour de vis voulu par l'Allemagne alors que s'ouvre ce soir le sommet des chefs d'États et de gouvernements à Bruxelles et que la Grèce est à nouveau paralysée par une journée de grève générale.

Angela Merkel a relancé l'idée
dans un discours devant le Bundestag, le Parlement allemand. Pour le moment, l'Europe
n'a qu'un droit de consultation des budgets nationaux des pays membres. La chancelière
allemande veut aller plus loin : un droit de veto. Une déclaration alors
que Bruxelles se prépare à accueillir les chefs d'États et de gouvernements. Et
que la Grèce s'enfonce dans la crise.

"Un véritable
droit d'ingérence"

Angela Merkel sait ce qu'elle
veut. L'Allemagne en a assez de payer pour les autres. Surtout pour les mauvais élèves. La chancelière
allemande veut encore encadrer les budgets des pays fragiles de l'UE et sanctionner
les pays qui ne respecteraient pas la règle du déficit à 3%, adopté dans le
nouveau traité européen
. Quitte à établir un "droit d'ingérence".

" Nous pensons, et
je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions
faire un pas en avant en accordant à l'Europe un véritable droit d'ingérence
sur les budgets nationaux quand ils ne respectent pas les limites fixées pour
la stabilité et la croissance " (Angela Merkel)

Angela Merkel voudrait
donner ce pouvoir à une seule personne au sein de la Commission Européenne :
un nouveau commissaire aux Affaires économiques. Resterait à créer le poste.

Le ministre des Finances
français Jérôme Cahuzac a réagi en jugeant la proposition d'Angela Merkel "pas
inepte, mais il faut bien préciser le cadre"
. Il a également rappelé que
François Hollande n'a pas accepté ce transfert de souveraineté.

La Grèce s'enfonce dans
la crise

La Grèce est évidemment
le premier pays concerné par la proposition d'Angela Merkel. Le pays est
paralysé depuis jeudi matin par une nouvelle journée de grève générale à
l'appel des syndicats. 

Et cette
proposition de renforcer le contrôle sur les budgets nationaux des États membres risque
de faire des remous. Les Grecs protestent déjà contre l'austérité et les
nouvelles mesures réclamées par le FMI.

Grève générale en Grèce après de nouvelles mesures d'austérité. Angélique Kourounis  
 

Sommet européen à
Bruxelles

Une déclaration sensible
de l'Allemagne, la Grèce qui se soulève, tout ça le même jour que le sommet à
Bruxelles qui doit réunir chefs d'États et de gouvernements.

Un sommet où plusieurs sujets sont à
l'ordre du jour
comme le renforcement de l'Union bancaire et monétaire. Mais
aucune décision ne devrait être prise aujourd'hui.

A Bruxelles, les précisions de Quentin Dickinson