Les principales déclarations de la conférence de presse de François Hollande

par mardi 13 novembre 2012 21:40
François Hollande doit répondre à beaucoup de questions lors de sa conférence
Philippe Wojazer Reuters

Le président de la République s'est adressé aux journalistes pendant près de deux heures et demie ce mardi lors de sa première conférence. Il a d'abord fait un discours d'une demi-heure et a ensuite répondu aux questions des journalistes. Il s'est attardé sur la situation économique "grave" selon ses mots.

Environ 400 journalistes étaient
présents ce mardi à la conférence de presse de François Hollande, la première
depuis le début de son mandat. Pendant les trente premières minutes, le chef de
l'Etat a défendu sa politique et celle de son gouvernement. Les journalistes
ont ensuite posé des questions pendant près de deux heures. Voici les
principaux thèmes abordés.

Situation économique et
sociale

  • Désendettement. A raison de
    10 milliards d'euros d'économie par an. "On peut faire mieux en dépensant
    moins
    ", a martelé François Hollande qui maintient au passage son objectif
    de 3% du déficit l'an prochain et 0,8% de croissance.
  • Compétitivité. Le pacte de compétitivité, "ce n'est pas un
    cadeau, comme je l'entends, que l'Etat fait. C'est un levier qui offre au
    système productif, c'est-à-dire aux salariés, aux ouvriers, aux travailleurs,
    ceux qui font tous les jours la production de notre pays, un moyen de traverser
    la crise
    ", a déclaré le chef de l'Etat.

François Hollande sur la compétitivité lors de sa première conférence de presse  
 

  • Chômage. Pour François
    Hollande, "tout
    a été dit mais tout n'a pas été tenté
    ". Il assure que le chômage sera "la
    priorité du quinquennat
    ", sa "responsabilité". Le président
    confie que la hausse va continuer pendant un an.
  • TVA.
    François Hollande a annoncé que la TVA dans la restauration sera fixée à 10% "une
    fois pour toute
    ". Le
    taux normal de TVA qui est à 19,6% va passer à 20% en 2014. Le président nomme cela "une
    restructuration des taux de TVA
    ". 

François Hollande justifie l'augmentation de la TVA, c'est une "restructuration"  
 

  • Sécurisation de l'emploi.
    François Hollande a appelé au rassemblement entre partenaires sociaux et
    employeurs. Ils doivent parvenir à une réforme du marché du travail, censée
    permettre plus de flexibilité. La négociation entre patronats et syndicats sur
    le sujet doit reprendre jeudi. "J'appelle toutes les organisations
    syndicales (...) et les employeurs (...) à nouer cette négociation, à la
    conclure, et à faire ce compromis historique, sinon le gouvernement prendra là encore
    la décision
    ". SON

François Hollande veut un "compromis historique" pour la sécurisation de l'emploi  
 

  • Gaz de schiste. Le
    président de la République a confirmé qu'il n'autoriserait pas l'exploitation
    de cette ressource via la technique de la fracturation hydraulique (une
    technique interdite en France). La recherche d'autres moyens n'est cependant
    pas exclue. "Aujourd'hui, la facturation hydraulique serait une atteinte considérable
    à l'environnement que je refuse et que je refuserai
    ".

Le président de la République refuse d'autoriser l'exploitation du gaz de schiste  
 

Questions de société

  • Vote des étrangers. François
    Hollande a rejeté pour le moment l'idée d'un référendum sur le vote des
    étrangers aux élections locales. Il n'engagera cette réforme que s'il est
    assuré d'avoir une majorité suffisante au Parlement. "Ce n'est pas le président
    de la République qui décide du droit de vote. Aujourd'hui, cette majorité n'est
    pas constituée, et donc j'ai dit au gouvernement qu'il travaille pour
    constituer cette majorité
    ".

François Hollande sur le vote des étrangers  
 

  • Mariage homosexuel. Le
    chef de l'Etat a assuré que le texte sur le mariage pour tous serait examiné en
    janvier à l'Assemblée. "Il y a des moments où dans la vie d'une Nation
    (...) nous devons faire des choix, traduire des évolutions de société, ça paraît
    périlleux et puis, à un moment, c'est accepté par tous
    ".

Un
point sur l'international

  • La Syrie. Pour la
    première fois, François Hollande a évoqué la livraison d'armes à l'opposition.
    Le président a tout d'abord annoncé que Paris reconnaissait "la coalition
    nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme
    le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d'en
    terminer avec le régime de Bachar al-Assad
    ". Par
    conséquent, la question de la livraison d'armes à l'opposition syrienne,
    refusée jusqu'à présent par les pays occidentaux, "va être nécessairement
    reposée
    ", a-t-il déclaré.

La France reconnaît la "coalition nationale syrienne comme futur gouvernement provisoire" François Hollande  
 

  • Le Mali. Le président de
    la République est revenu sur le sort des otages français détenus au Mali. Il
    avait reçu leurs familles mi octobre
    . Il a répété que la France
    n'interviendrait en "aucun cas elle-même. Si nous sommes aux côtés des
    Africains, ce sont eux et eux seuls qui décident. Si il y a un risque de
    diffusion dans les autres pays, nous ferons en sorte de les soutenir pour les
    protéger
    ".

François Hollande et le
gouvernement

  • Alternance et réalité. Le
    président de la République est revenu sur sa popularité en baisse. Il l'attribue
    à la crise. Mais il dit préférer lutter sur le front de la réalité plutôt que
    sur celui de la communication. "Une alternance change le pouvoir mais
    elle ne change pas la réalité
    ".
  • Jean-Marc Ayrault. Lui aussi
    est en baisse de popularité. Le président de la République s'est montré
    solidaire et a rappelé qu'il était à ses côtés pour plusieurs raisons : "Il est d'abord
    sérieux. C'est important. Il est loyal. C'est nécessaire. Il est dévoué à la
    cause publique, et il est concret. Je lui renouvelle ici toute ma
    confiance
    ".
  • Manuel Valls. François
    Hollande est revenu sur l'incident survenu à l'Assemblée nationale plus tôt
    dans l'après-midi
    . Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur avait accusé la droite d'être
    responsable du "retour du terrorisme", ce qui a suscité la colère
    de l'opposition. La séance a été interrompue. Mais pour le chef de l'Etat, la
    question est trop grave pour justifier de telles querelles. "Ne perdons pas notre temps, ne nous divisons pas, ne polémiquons pas, ne
    cherchons pas à utiliser n'importe quelle phrase à des fins de politique
    intérieure. C'est trop grave (...) La lutte contre le terrorisme, c'est une
    question qui doit rassembler toutes les forces politiques, démocratiques (...) le
    ministre de l'Intérieur fait remarquablement son travail, chacun le reconnaît,
    y compris par rapport à la lutte contre terrorisme
    ".

François Hollande revient sur l'incident concernant le terrorisme entre Manuel Valls et l'opposition à l'Assemblée