Le crowdfunding au secours des agriculteurs en crise

par Manuel Ruffez jeudi 3 mars 2016 11:53
vaches
Le crowdfunding permet souvent aux éleveurs de diversifier leur activité © Pol Emile/SIPA

Avec la crise de l'élevage, de nouvelles initiatives émergent. Le crowdfunding, ou financement participatif, gagne ainsi le monde agricole. Il existe aujourd'hui une plateforme spécifique baptisée Miimosa.

Le Salon de l'agriculture qui s'est ouvert porte de Versailles à Paris le week-end dernier est le salon de la crise. La preuve en est, ces signes de mécontentement comme lors de la visite du président de la République François Hollande, sifflé et insulté.

Donner une place à l'agriculture familiale 

Mais cette crise peut faire naître de bonnes initiatives. Le crowdfunding, ou financement participatif, est en pleine expansion dans le monde agricole. Des particuliers aident d'autres financièrement à monter leur projet. Les grosses plateformes font désormais partie du paysage.

Et depuis un an maintenant, il en existe une, Miimosa uniquement dédiée à l'agriculture et à l'alimentation. C'est une idée de Florian Breton née du constat que l’agriculture familiale de proximité était de plus en plus fragilisée. Mais aussi que ce mode d’exploitation était très peu représenté sur les plateformes de financement participatif généralistes.

Un atout pour convaincre les banques

Depuis le lancement du site en octobre 2014, les projets affluent : 200 en un an pour 1 million d'euros collectés. En ces temps de crise, ça peut même aider à convaincre une banque. L’agriculteur dispose des "20 à 30% de fonds propres désirés par la banque", explique Florian Breton. "Et derrière la finance traditionnelle suit le porteur de projet."

miimosa

Philippe Cocagne vient de faire appel à Miimosa. Il produit du lait en Normandie, et depuis quelques années le valorise en crème glacée. Son rêve, s'offrir un camion pour faire la tournée des marchés. "Je dis toujours que j’ai un mouchoir dans ma poche, ce n’est pas pour pleurer, mais malheureusement on est encore en crise aujourd’hui. Alors faire des glaces n’a pas tout résolu, mais on récupère quand même une petite valeur ajoutée. Notre production a permis la création de quatre emplois." Philippe cherche encore 20.000 euros. L’appel au don tourne toujours sur Miimosa.

Le reportage de Manuel Ruffez au Salon de l'agriculture