Des chauffeurs Uber lancent une application "made in France"

INFO FRANCE INFO par dimanche 18 octobre 2015 16:50, mis à jour le lundi 19 octobre 2015 à 13h00
Des chauffeurs de la plateforme UBER ont décidé de contrer le géant américain
Des chauffeurs de la plateforme UBER ont décidé de contrer le géant américain © MAXPPP

Des chauffeurs de la plateforme UBER ont décidé de contrer le géant américain. France Info vous le révèle ce lundi matin, ces chauffeurs de VTC viennent de créer leur application "pour les VTC, gérée par les VTC".

Il l'ont baptisée VTC Cab. Cela fait neuf mois que les chauffeurs de l'association des VTC de France travaillent sur leur nouvelle application. Ces dernières semaines, ils l'ont testée en région parisienne. D'allure comme ça, VTC Cab ressemble beaucoup à Uber : comme sur la plateforme américaine, on se géolocalise, on choisit et on commande sa voiture. 
Mohammed Radi est l'un des fondateurs de cette nouvelle application, chauffeur toujours actif sur la plateforme Uber, et malgré son costume cravate et une histoire ancienne dans la finance, il l'assure : "Mon objectif n'est pas de gagner de l'argent. L'objectif, c'est de garder le contrôle sur notre avenir, c'est de garder le contrôle sur notre travail", et il ajoute, fier de sa formule :

 "C'est du made in France, c'est une application faite par les VTC, pour les VTC, gérée par les VTC". 

Mohammed Radi, de l\\\'association des VTC de France  2
Mohammed Radi, de l'association des VTC de France © Gaelle Joly ./ France Info

S'implanter dans les petites villes de France

Depuis qu'Uber a subitement baissé ses tarifs de 20 %, certains chauffeurs ont fait le calcul, cela représente une perte mensuelle de 1500 euros. Avec cette nouvelle application de l'association des VTC de France, la commission prélevée sur les courses sera inférieure à 7% contre 20% chez Uber. C'est avec cet argument qu'ils comptent attirer bon nombre de chauffeurs sur leur plateforme. Une application qui veut également s'étendre à toutes les petites villes de France. "Uber ne s'intéresse pas aux petites villes françaises, parce qu'il n'y a pas assez de trafic, mais nous on veut donner du travail à tous nos collègues VTC", poursuit Mohammed Radi.
Pas sûr que dans ces villes où le marché n'est pas extensible, les taxis voient arriver la nouvelle plateforme d'un bon oeil. En ce qui concerne les tarifs proposés aux clients, 8 euros la course minimum contre 5 euros sur la plateforme américaine, c'est plus cher, mais ça reste dans la moyenne de ce que proposent les autres plateformes, comme comme Snapcar ou chauffeur-privé.

Quelque 30 chauffeurs ont mis la main à la poche

L'application a coûté 130.000 euros. A priori, pas d'actionnaires, ce sont les membres de l'association des VTC de France, eux-mêmes, qui ont puisé sur leurs deniers personnels, entre 50 et 2.000 euros par personne, pour apporter un début de financement. En tout, une trentaine de chauffeurs ont déjà mis la main à la poche. De l'argent qu'ils ont gagné chez Uber, et qu'ils utilisent aujourd'hui pour contrer Uber. "Uber ne nous a pas laissé le choix. Moi j'ai des charges, des crédits, des assurances à payer, et je suis en train de puiser dans mes économies, parce que je suis solidaire et que j'y crois", explique Youssef Alaoui, chauffeur VTC. 
 
Pour l'instant 300 chauffeurs sont prêts à démarrer l'aventure sur la nouvelle application. C'est peu face aux 10.000 chauffeurs que compte la plateforme américaine dans l'hexagone, mais à l'association des VTC de France, on assure que les chauffeurs réclament depuis longtemps une plateforme indépendante, encore plus depuis qu'Uber a bradé ses prix : " Nous, ils nous demandent de les aider. Certains ont fait confiance à ce petit rêve, ils ont réussi à avoir un crédit. Aujourd'hui certains nous disent qu'ils veulent retourner dans le quartier, au bas des immeubles pour faire des conneries", raconte Redouane Atef, en charge des chauffeurs, à l'association des VTC de France. Mais s'ils se voient aujourd'hui comme des sauveurs dans cette société en voie "d'uberisation", dans un premier temps ils vont rester actif sur la plateforme Uber, (c'est autorisé car ils ne sont pas des salariés d'Uber, ils peuvent donc passer de l'une à l'autre), avant de faire grossir leur petite application "made in France". 

Le logo de l\\\'appli VTC cab
Le logo de l'appli VTC cab © DR