Indemnités : l'Etat met l'ancien DG d'Air France sous pression

par Alexandre Chassignon jeudi 31 mai 2012 10:33

Pierre Moscovici invite Pierre-Henri Gourgeon à rembourser son indemnité de 400.000 euros. Le ministre de l'Economie en appelle à la "morale". L'assemblée générale d'Air France, réunie aujourd'hui, doit notamment se prononcer sur cette somme. Même en cas de vote négatif, l'ancien DG de la compagnie pourrait la conserver.

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Philippe Wojazer Reuters

Pierre-Henri Gourgeon en mai 2010 © Reuters Philippe Wojazer

"La morale voudrait que de lui-même, Pierre-Henri Gourgeon rembourse" les  400.00 euros. Le ministre de l'Economie, Pierre-Heni Gourgeon, interrogé ce matin sur France Inter, a ajouté une nouvelle piste au dossier de l'indemnité de l'ancien directeur général d'Air France. Démis en octobre dernier, il a bénéficié de 1,125 million d'euros de "parachute doré" en plus de ces 400.000 euros, prévus dans un accord de non-concurrence.

L'assemblée générale d'Air France doit se prononcer cet après-midi sur cet accord. Mais il s'agit davantage d'un avis que d'un référendum. L'accord signé, l'argent versé, Air France - KLM ne dispose pas des moyens juridiques de contraindre son ancien Pierre-Henri à la rembourser, si l'AG vote contre.

La bonne volonté, seul espoir des actionnaires

Avec cette proposition, le gouvernement encourage une éventuelle bonne volonté de Pierre-Henri Gourgeon, seule façon de concrétiser un possible vote contre cette indemnité.

L'hypothèse du rejet n'a rien de farfelu. L'Etat, premier actionnaire avec 15,9% du capital, votera non, comme une grande partie des salariés (près de 10%). La société de conseil aux investisseurs Proxinvest recommande aussi aux actionnaires de rejeter cette résolution.

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