Sivens : interrogations après la découverte d'un corps sur le site du barrage contesté

par Cécile Mimaut dimanche 26 octobre 2014 10:27, mis à jour le dimanche 26 octobre 2014 à 20h07
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Les manifestations contre le barrage de Sivens, d'abord pacifiques, ont tourné au drame... @Maxppp

La Préfecture du Tarn a indiqué dans un communiqué que le corps d'un homme avait été découvert dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens, sans plus de précisions pour le moment. Un décès survenu "dans le contexte d'affrontements" avec les gendarmes, selon le porte-parole des opposants au projet. Le procureur juge "impossible" de déterminer les causes de la mort.

C'est vers 2 heures ce dimanche matin que les gendarmes ont découvert le corps d'un homme sans vie sur le site du barrage contesté de Sivens, a indiqué la Préfecture du Tarn à Albi. Ni l’identité, ni les causes du décès de cet homme n'ont été précisées. "Une enquête a été ouverte sous l'autorité du procureur d'Albi", se borne à indiquer le communiqué des autorités.

En début de soirée, le procureur de la République a jugé "impossible" pour l'instant de déterminer les causes exactes de la mort du manifestant. Une autopsie du corps doit être pratiquée lundi.

"Un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements"

De son côté, le porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage, a indiqué à l'AFP que ce décès était survenu "dans le contexte d'affrontements" avec les forces de l'ordre. "Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes. Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant mais un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements", a déclaré Ben Lefetey.
 
En marge de la manifestation pacifique qui a rassemblé samedi plus d'un millier d'opposants au projet de barrage sur le site, des échauffourées avaient éclaté dans la soirée entre forces de l'ordre et "anarchistes encagoulés". Quatre CRS et un gendarme avaient été blessés mais personne dans le camp adverse, avait souligné un responsable des opérations. Le calme était revenu "vers 21h". Dimanche soir, environ 300 opposants se sont retrouvés à Gaillac pour manifester en mémoire de leur camarade. Des échauffourées ont éclaté avec les forces de l'ordre dans la soirée. Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné ces incidents, tout en appelant à la "retenue".