Attentats en France : Manuel Valls reconnait des failles

par Rédaction de France Info samedi 10 janvier 2015 11:58, mis à jour le samedi 10 janvier 2015 à 12h30
Manuel valls
Le Premier ministre Manuel Valls appelle à ne pas baisser la garde après la mort des trois terroristes responsables des attentats qui ont fait 17 morts en France entre mercredi et vendredi © Maxppp

Après la vague d’attentats qui a fait 17 morts en France ces trois derniers jours, Manuel Valls a salué samedi l'action des forces de l'ordre reconnaissant toutefois "des failles", notamment en matière de renseignements. "Il y aura un avant et un après", a redit le Premier ministre qui appelle à "ne pas baisser la garde" face à "un phénomène d'une ampleur inégalée".

Lors de ses voeux samedi à Evry, son fief électoral en Essone, Manuel Valls a redit qu'il ne fallait "pas baisser la garde" après la vague d'attentats qui a fait 17 morts ces trois derniers jours en France.  "Il y aura un avant et un après", a tenu à réaffirmer le Premier ministre, notamment dans le dispositif de surveillance des personnes susceptibles de commettre des attentats sur le sol français.

"Nous avons beaucoup modernisé nos services de renseignements et nos forces de l'ordre. Il faudra continuer", a-t-il dit, "parce qu'il faut évidemment tirer les leçons de ce qu'il vient de se passer". "Nous faisons tout, tout pour lutter contre le terrorisme. Mais bien-sûr il y a toujours des failles dans lesquelles se glissent les terroristes", a reconnu Manuel Valls, rappelant que "nous faisons face à un phénomène d'une ampleur inégalée". Le Premier ministre  qui parle de  "1.200 à 1.400 personnes concernées par le djihadisme". 

Lors d'une cérémonie à Evry prévue de longue date, le Premier ministre est revenu samedi sur les attaques de ces trois derniers jours et les moyens mis en oeuvre contre le terrorisme en France

Le parcours des frères Kouachi vers le djihad était connu

On en saura certainement plus dans les prochaines semaines mais des informations commencent déjà à filtrer sur la question du suivi des frères Kouachi notamment, auteurs présumés de l’attentat contre Charlie Hebdo mercredi, qui a fait douze morts. Le procureur de Paris, François Molins, révélait vendredi que Chérif Kouachi avait séjourné au Yémen en 2011. Plus tôt dans la journée, on apprenait par un officiel américain que son frère, Said Kouachi, lui aussi avait appris le maniement des armes pendant plusieurs mois au Yémen la même année.

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Ils n'étaient plus surveillés depuis cet été 

Les services de renseignements français étaient au courant. Il y a d’ailleurs eu une surveillance accrue des frères Kouachi à leur retour du Yémen, révèle ce matin le journal Le Parisien. Une surveillance physique, téléphonique, numérique. Mais cette surveillance a été levée à l’été 2014 car les deux frères ont fait profil bas toutes ces années, pas de connexion visible avec un quelconque mouvement islamiste radical pendant cette période, confie une source judiciaire au quotidien.
 
Les services de renseignement français se seraient donc détournés, à l’été 2014, des frères Kouachi, pour suivre d’autres objectifs qui semblaient plus prioritaires. 

Alain Bauer, criminologie et spécialiste des questions de sécurité, estime qu’on ne peut pas se satisfaire pleinement de la façon dont l’enquête a été menée. Il répond à Jules Lavie

 

Coulibaly avait un profil très inquiétant

Multirécidiviste, incarcéré à plusieurs reprises,  Amedy Coulibaly, tueur présumé de Montrouge et auteur de la prise d'otages meutrière Porte de Vincennes vendredi à Paris, s'était radicalisé en prison. Il cotoyait  Djamel Djamel, figure de l'islam radical en France. Et surtout il avait été condamné pour un projet d'évasion qui concernait un terroriste des attentats de 1995 et dans lequel avait également été mis en examen Chérif Kouachi, qui avait finalement bénéficié d'un non-lieu.

Amedy Coulibaly était sorti de prison en mars 2014 et ne faisait visiblement pas, depuis, l'objet d'une surveillance très rapprochée. C’est aussi la question des moyens humains pour prévenir les attaques terroristes qui est et qui va être posée une nouvelle fois.

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